6 films pour…(re)découvrir Paris

Un mois a passé depuis la rentrée et vous a laissé le temps de reprendre vos marques ou de vous familiariser avec Paris. Pour certains la ville est telle que dans vos souvenirs ou que dans votre imagination, pour d’autres c’est une ville qu’il reste à apprivoiser. Que vous ayez ou non arpenté les rues de la capitale, que vous vous targuiez de la connaître comme votre poche ou qu’elle vous intimide encore, nous vous proposons ici une sélection de films qui vous feront (re)découvrir Paris au gré de la vision unique que chaque réalisateur en a. Ne restera ensuite qu’à rechercher les lieux que vous aurez vus sur votre écran…     Ratatouille Brad Bird, 2007   Dur d’être un chef lorsqu’on est un rongeur… C’est pourtant l’ambition de Rémy, petit rat aussi sympathique que talentueux. Passionné de gastronomie et fin goûteur, il est un grand fan du chef parisien Gusteau dont il suit la doctrine : “tout le monde peut cuisiner”. Il s’entraîne donc en secret, bien conscient de l’incompréhension qu’il suscite chez les siens. Mais lorsque lui et sa tribu sont violemment chassés de chez eux (le grenier d’une vieille dame revêche), Rémy se perd dans la cohue et se retrouve seul à Paris, temple de la gastronomie mais aussi de l’amour, des grands sentiments ; des passions, donc. Il se lie bientôt d’amitié avec le bien brave Linguini, fils illégitime de feu Gusteau et l’aide à être le chef qu’il se doit d’être… En regardant Ratatouille, vous ne ferez pas le choix d’un simple film d’animation mais bien d’une quête initiatique au travers d’un Paris idyllique, le Paris rêvé, aux toits de zinc, à la tour Eiffel scintillante… Vous vous glisserez dans l’intimité des appartements haussmanniens (quelle scène mémorable où Rémy se faufile le long des plinthes !) et dans celles des cuisines de restaurants étoilés ; vous côtoierez le pavé et admirerez les devantures des siècles passés… le tout, à hauteur de rongeur ! Alors si vous voulez cultiver votre âme rêveuse et gourmet tout en découvrant le Paris baguette-béret, sautez sur Ratatouille ! Et puis, fun fact, saviez-vous que la b.o. du film, “Le Festin”, est interprétée par la française Camille ?  
Elena Di Benedetto       A Bout de Souffle Jean-Luc Godard, 196 Si vous n’avez pas encore découvert cette petite pépite de la Nouvelle Vague, n’hésitez plus un instant. Chef-d’œuvre d’insolence cinématographique et de créativité, ce long-métrage porté par les sublimes Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg déroule à toute allure son rythme effréné et pourtant savamment maîtrisé, dans un Paris que l’on n’a jamais senti aussi vivant. Jean-Luc Godard tourne son film au rythme de ses impulsions, avec les moyens du bord, pour un dynamisme et une sincérité que l’on ressent dans le moindre plan. Des Champs-Elysées aux bars du Quartier Latin, le couple devenu mythique échange piques verbales et autres déclarations, pour une atmosphère unique, entre insouciance, romantisme et surtout, liberté totale… même celle de perdre tout contrôle sur sa vie.  
Capucine Delattre       Les Chansons d'Amour Christophe Honoré, 2007 Ismaël et Julie forment un couple parisien comme il peut en exister des centaines dans la capitale, à l'exception faite qu'Alice, la collègue d'Ismaël, est invitée à les rejoindre dans l'aventure menant cette relation dans l'impasse. Un accident obligera les personnages à reconsidérer leur vie les aidant à se découvrir un peu plus. Ce triptyque nous livre un casting enchanteur, Louis Garrel, Chiara Mastroianni, Ludivine Sagnier, toute une génération d'acteurs qui marquera la filmographie d'Honoré se retrouve dans cette comédie musicale. Loin de conforter l'image d'un genre naïf et béat, la bande originale interprétée par le casting reflète les états d'âme en demi-teinte d'une ville qui se cherche, perdue dans la grisaille. Le jeu des couleurs et de la photographie accompagne l'atmosphère voulue par le réalisateur, tantôt la nuit, tantôt sous la pluie, Paris n'offre pas d'accalmie à ses personnages. Pourtant c'est sur la façade d'un immeuble Haussmannien classique que le film se conclura par un beau message d'espoir, la ville lumière brassant toutes les formes d'amour.  
Halle Delesque     Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain Jean-Pierre Jeunet, 2001   Lorsqu’elle était enfant, Amélie a perdu sa mère. Dans le deuil son père s’est tout entier tourné vers un nain de jardin ; Amélie, quant à elle, s’est réfugiée dans son monde intérieur. Adulte, elle travaille comme serveuse à Montmartre. Suite à la découverte dans sa salle de bain d’un trésor d’enfant laissé par un ancien locataire, elle décide de jouer à la bonne fée et de rendre les autres heureux – quitte à délaisser son propre bonheur. Amélie nous fait traverser le Paris de sa vie quotidienne sur une bande-son de Yann Tiersen. Avec elle, on s’attache aux petites choses qui font la vie, à ces petits riens qui rendent heureux ou malheureux, aux gens ordinaires que l’on croise tous les jours. Le monde d’Amélie est fantasque, ni totalement réel ni totalement rêvé mais tel qu’elle le voudrait. Il glisse parfois dans la mièvrerie, mais on le lui pardonne bien volontiers.  
Léa Derian       Charade Stanley Donen, 1955 Deux cent cinquante mille dollars volés, une veuve complètement perdue, une bande d’escrocs, et voici le trio gagnant de ce film survolté et enchanteur qui n’a pas pris une ride. Donen promène sa caméra avec talent dans un Paris qu’il sublime à toutes les sauces : d’une embuscade sur les toits d’un immeuble, on passe à une croisière en bateau-mouche ou à une promenade sur les quais bordés par les stands des bouquinistes. Le couple formé par Audrey Hepburn et Cary Grant offre de savoureux dialogues, entre taquinerie et affection, confiance et trahison, vérité et mensonge. Le long-métrage défile pour le plus grand plaisir du spectateur entre duperies, coups de génie et affrontements, pour un classique qu’il serait vraiment dommage de manquer.  
Capucine Delattre       Un Américain à Paris Vincente Minnelli, 1951 Paris dans les années 1950. Un ancien soldat américain, Jerry Mulligan (joué par Gene Kelly) s’installe à Paris pour y étudier la peinture. Il vit dans une petite chambre à Montmartre en attendant le succès, comme son voisin et ami, pianiste. Les plans séquences de cette comédie musicale s’enchaînent avec les chorégraphies au rythme de la bande originale de Gershwin et à travers la capitale. Si vous cherchez une vision de Paris fidèle à la réalité, fuyez ! Ici Paris est idéalisé et stéréotypé : Paris ville des artistes, Paris ville de l’amour, Paris fait de décors en carton-pâte dans lesquels on n’en finit plus de compter les bonnes sœurs, les bérets et les baguettes de pain. Peu importe qu’il ne soit que fantasme, ce Paris-là vaut la peine d’être (re)découvert : il y fait beau, la chaussée est impeccable, les gens sont aimables, et surtout il est, au fond, un hommage à l’art, aux peintres et aux sculpteurs.  
Léa Derian

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