Assassination Nation – You may kill me but you can’t kill us all

Sam Levinson / 2018 / 1h50 / C'est l’histoire d’une ville qui disjoncte à la suite d’un hackage massif. Dans Assassination Nation, Sam Levinson étudie une société où plus aucune vie privée n’existe et notre capacité à réagir lorsque tous nos petits secrets sont dévoilés au grand jour. Mais bien plus que cela, Sam Levinson prend parti pour un combat qui divise notre société tous les jours, le féminisme. Un dessin de femme nue, des jeunes femmes qui s’affirment en se promenant en shorts ultra courts, robes super moulantes et autres vêtements sexys pour aller au lycée. On suppose même que l'une d’entre elles est trans et on en veut au sous-titrage français qui n’est pas capable de mettre toutes les lettres lorsqu’elle parle des droits LGBT+. Ce groupe de quatre lycéennes n’a peur de rien ; elles prennent leur vie en main et on ne s’étonne pas de voir Lily Colson, la leader, se transformer en Kill Bill avec son trench rouge rappelant le film Delinquent Girl Boss: Worthless to Confess qu’elle regarde avec ses trois amies, Em, Sarah et Bex.

Les références sont nombreuses et Sam Levinson sait les utiliser à la perfection. La vision en triptyque lors des soirées rappelant le Napoléon d’Abel Gance ou encore les films de Tarantino lors des effluves de sang à la fin du long-métrage. En effet, ce dernier est découpé en plusieurs parties marquées par des flashbacks, des lumières et des ambiances différentes. Alors qu’on débute dans un film teenager où le réalisateur s’amuse avec des lumières roses et bleues mélangées aux couleurs pastels des vêtements des actrices, on bascule dans un environnement gore où les effluves de sang jaillissent de partout, la nuit prédomine et les couleurs bleue, blanche et rouges du drapeau américain sont partout. Car la société que dépeint le réalisateur et scénariste est bien cette société américaine patriotique qui a tué il y a bien longtemps de nombreuses femmes considérées comme des sorcières, dans cette même ville de Salem. L’alcool, la drogue et les massacres entourent ces quatre jeunes femmes qui donnent l’impression d’être les seules à avoir un minimum de raison, et qui sont extrêmement seules face à cette société complètement folle.

Alors que faire ? Lily Colson le sait très bien et revendique son opinion tout au long du film. Alors qu’on ressort choquée par la vision de la société que nous a montré Sam Levinson et qui ne peut qu’être qu’horriblement vraie, les paroles de l’actrice Odessa Young résonnent en nous et nous donnent envie de nous soulever contre les ordres qu’on nous dicte depuis notre plus jeune âge.

Par Clélia Delevoye

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