Au Revoir Là-Haut – Un film de Goncourt

Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l'un dessinateur de génie, l'autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l'entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire.   Certes le film est une adaptation du prix Goncourt 2013, Au Revoir Là-haut, il peut donc souffrir logiquement de la comparaison par rapport à l’œuvre originale mais pas ici ! Peu enclin à lire des pavés j’ai fait l’impasse sur le roman de Pierre Lemaître et vous livre ainsi mon ressenti sur le film et seulement le film d’Albert Dupontel.   Ce film est d’ailleurs assez difficile à classer dans un style particulier tant il est surprenant dans le paysage cinématographique français. Tout d’abord ce film à de l’ambition ! Le budget de 17 millions d’euros en témoigne. Mais c’est surtout la mise en scène et les plans utilisés qui surprennent (pour une production française). En effet, les quelques plans séquence présents sont plutôt brillamment réalisés et donnent au film des aspects presque hollywoodiens. Tout aussi hollywoodiennes, les références immédiates aux films de guerre comme Les Sentiers de la Gloire dans un scène de combats très réussie en travelling où l’immersion est au rendez-vous. Le film est aussi difficile à ranger dans une case car le spectre des émotions ressenties est extrêmement large. On a de brillantes scènes comiques pour lesquelles le talent d’acteur et de metteur en scène de Dupontel n’est pas étranger. Des scènes de tension et même d’effroi quand on voit le sort des « gueules cassées » mais surtout de poignants moments d’émotions qui sont concentrés autour de la relation entre le Père et le fils Péricourt. Par ailleurs, la scène sur le balcon de l’hôtel à la fin du film est incroyable de puissance émotionnelle et d’esthétisme avec Edouard portant un masque d’oiseau bleu. La distribution, excellente, porte le film avec une réelle justesse et finalement là où celui-ci pêche, de mon point de vue, c’est dans son scenario. Le flash-back créé au début du film lorsque Maillard se fait interpeller par la police française au Maroc et qui sert de prétexte pour un « happy end », est selon moi peu utile et dispensable. L’immersion dans l’intrigue n’en n’aurait été que plus forte une fois le film dispensé des scènes d’interrogatoire. Néanmoins le film demeure une belle réussite et une surprise dans sa réalisation singulière pour un film français. Si le livre a donné l’envie à beaucoup d’aller voir le film, sachez que le film m’a donné envie de lire le livre.
François Pasturel

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