Tomb Raider – Lara Croft 2.0

Le père de Lara, Richard Croft, a disparu depuis 7 ans en voulant trouver la tombe d’une impératrice japonaise, Himiko, en plein milieu de la Mer du Diable en Asie du Sud-Est. Mais Lara a toujours eu du mal à accepter et passer à autre chose. Mais en découvrant une pièce secrète dans la crypte familiale renfermant les travaux de son père, il se peut qu’elle ait trouvé une piste pour remonter jusqu’à lui. Et découvrir les sombres secrets de la tombe d’Himiko… Totalement rebootée, Lara Croft nous revient plus fraîche que jamais. Désormais plus jeune, totalement british (l’accent vaut de l’or) et livreuses de repas à vélo (non je ne citerai pas de marque mais vous avez compris), c’est totalement ancrée dans la culture « millenials » que nous apparaît la nouvelle Tomb Raider, incarnée par Alicia Vikander. Vikander n’est pas Britannique et pourtant elle s’est forcée à adopter un accent londonien parfait. Ainsi qu’une grande forme physique par ailleurs, dans l’ambition de tenir la route et de rendre justice au personnage iconique de jeu vidéo. En cela elle diffère assez des précédentes interprétations. Angelina Jolie était la Tomb Raider des premiers jeux : action réduite, du dialogue et des énigmes techniques comme humaines, sans parler de la poitrine en cône. Dans ce nouveau film, l’accent est mis bien moins sur les dialogues et plus sur l’action et notamment l’interaction avec l’environnement. En cela, Lara 2.0 diffère de ses alter ego cinématographiques précédents, mais pas de la franchise vidéo-ludique dont est tiré le personnage et c’est ce premier point que je désire aborder. Tout fan de jeu vidéo, et a fortiori...

Hostiles – La malédiction de l’Ouest américain

New mexico, 1892. Après avoir combattu les Peaux Rouges toute sa vie et à quelques mois de la quille, le capitaine de cavalerie Joe Blocker se voit imposer par ordre du Président Harrison de reconduire un prisonnier Cheyennes, Yellow Hawk,  et sa famille dans ses terres sacrées au Montana. A la tête d’une petite escorte, Blocker va traverser l’Ouest américain, au gré de rencontres et de pertes, toutes toujours violentes… Scène d’introduction. Rosalie Quaid (Rosamund Pike) donne la leçon (en français) à ses petites filles en berçant son petit dernier. Son mari scie du bois dehors et tout semble tranquille. Mais pas pour longtemps. Des cavaliers Comanches débarquent au triple galop pour voler les chevaux et tout brûler. Ils ne font qu’une bouchée du fermier, arrachent son scalp sanglant sous nos yeux. La famille fuit vers les collines. Que peuvent bien faire une femme et des enfants ? Qu’a cela ne tienne, les Comanches, très bons tireurs, abattent les deux petites filles dans le dos, dans l’impuissance de la mère qui se retourne, juste à temps pour qu’une balle vienne se loger dans le couffin. Terrible. Impossible de ne pas voir la tache rouge qui s’étend sur le linge, de ne pas sentir le cœur qui s’arrête de battre de la mère, morte en même temps que ses enfants. Pourtant elle court. La caméra fébrile la suit dans la forêt et montre son attente interminable alors que les Comanches, décidés à finir le boulot, passent la forêt au peigne fin. Le champ/contre-champ est interminable. Elle survit. Mais est-elle encore capable de vivre ? Le film commence très fort. Le réalisateur ne...

La Prière – Manifester une présence

Pour Thomas, 22 ans, c’est un peu la dernière chance pour sortir de la drogue. Il rejoint une communauté quasi-monastique d’anciens drogués qui se soignent à la prière. Mais la prière sera-t-elle suffisante pour redonner une direction à sa vie ? Cédric Kahn, habitué du drame social, nous livre une fois de plus le conte d’un déchu de la société. Pour un effet percutant. Le film était attendu, est encensé par la critique en général et Anthony Bajon a reçu l’Ours d’argent au Festival de Berlin pour son interprétation du personnage de Thomas. Avec ce prix, il rejoint les rangs des très grands (Jean-Louis Trintignant, Jean-Pierre Léaud) à seulement 23 ans. C’est en soi un gage de qualité. Mais le prix est juste et mérité. L’intensité du jeu de Bajon laisse sans voie, qu’il soit d’une inarrétable violence en période de sevrage ou bien pétri de béatitude dans la prière. Le film, qui axe beaucoup son propos sur la pression et le calme, s’ancre dans les traits du personnage principal et donc de son interprète. Pourtant Bajon ne paye pas de mine : pas de stature imposante, pas de belle gueule à l’américaine, pas même de voix rauque d’écorché vif. Et pourtant le grand enfant qu’on nous présente à l’écran à une intensité forte, qui passe presque essentiellement dans le regard. La mise en scène n’est pas en reste et souligne le jeu à la perfection. Comme à son habitude Cédric Kahn est minimaliste. Du plan fixe, pas de musique. Le silence interminable répercuté par ses montagnes. Le silence que garde l’acteur jusque tard dans le film. Il est la première...

Mektoub, My Love : Canto Uno – De la jeunesse naît la lumière

Le sixième film d’Abdellatif Kechiche est sans doute l’un de ses meilleurs. Le scénario pourtant, ne raconte pas grand-chose : en 1994, Amin, vivant désormais à Paris, retourne à Sète chez ses parents, qui possèdent un restaurant dans la ville. Il y retrouve ses proches – son cousin Tony – et ses amis et partage son temps entre plage, restaurant, bars et photographie. Alors que Tony s’abandonne aux passions, Amin reste en retrait, dans une posture contemplative, attendant sans doute que le mektoub – le destin – décide. Le film, et le scénario, reposent en réalité sur une mise en scène souveraine et sur une direction d’acteur magistrale, l’interaction entre ces deux facteurs esquissant les contours d’un ballet d’images et de sons, d’impressions et d’émotions. Le premier élément saillant du film réside très probablement dans l’oscillation permanente entre vulgarité – disons, beaufitude – et subtilité extrême. Grossièreté, lourdeur, sexisme même, dont se dégagent les très nombreux (trop nombreux ?) gros plans suggestifs (mal placés ?). Le problème ne vient pas tant de cette représentation excessive que du message qui semble se dégager de ces plans, c’est-à-dire un corps féminin devenu objet contemplatif au mieux, réduit à un objet de fantasmes et de passions au pire. En témoignent les nombreuses scènes de danse en boîte (notamment la dernière, caractérisée par des contre-plongées quasiment verticales dans lesquelles triomphe le malaise), sans doute trop nombreuses pour ne pas être douteuses. Dans un climat social largement orienté vers une égalité effective entre femme et homme et vers la disparition des comportements sexistes, misogynes ou illégaux, Mektoub, my love dérange car certains éléments qui...

Cinq films pour … (re)découvrir nos régions françaises

Parce que la France est souvent réduite à sa capitale Paris (qui n’est pas moche, mettons nous d’accord là dessus), Close Up a voulu revenir sur quelques films montrant la beauté et la diversité des régions françaises. Alors, comme les vacances sont encore lointaines, on vous propose un Tour de France par les images. Problemos, Eric Judor, 2017 (1h25) par Julien Coquet. L'action prend place dans la Drôme (26), l'un des départements les plus beaux de France (non je n'exagère pas) mais, pour être plus précis, le tournage s'est déroulé en Ardèche (07), un département limitrophe. La beauté des paysages, celle des gorges principalement, est en fait le ressort du film : Victor (interprété par Eric Judor), sa femme (Célia Rosich) et leur jeune fille se rende dans une Zone à défendre, invitée par l'ex-prof de yoga de Madame. L'enjeu est d'éviter la construction d'un parc aquatique et, in fine, la destruction d'un endroit idyllique. Endroit qui va d'ailleurs vite se transformer en île déserte puisqu'une pandémie décime le reste de la population. Le film se moque assez méchamment (et c'est plutôt rare dans les comédies) de ces gens idéalistes qui souhaitent construire un tout nouveau monde, rebaptisant même le nom de jours de la semaine. On notera aussi cette femme qui a refusé de donner un nom et un prénom à son enfant afin de ne pas lui coller une étiquette sur le front... Brice de Nice, James Huth, 2005 (1h38) par Elena Di Benedetto. Ah ce brave Brice ! Icône d’une génération, ce surfeur, winner, ascendant snowboarder passe ses journées à profiter d’une vie de nanti, dans...