Cannes : dernier jour

Dernière journée du Festival de Cannes, c'est l'occasion de revenir sur dix jours de compétition et de découvertes de films.

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L'une de nos découvertes notables est Kung Fury, un film nostalgique et drôle, qui témoigne d'une évolution du Festival de Cannes vers davantage d'ouverture. Effectivement, c'est grâce aux internautes que ce court-métrage de David Sandberg a pu être financé, avant d'être remarqué par le Festival et projeté lors de la Quinzaine des Réalisateurs. Dans cette parodie déjantée, le flic héros Kung Fury remonte le temps afin d'affronter Hitler (« a.k.a. Kung Führer ») avec l'aide de femmes viking qui chevauchent des dinosaures en tirant des rafales de Uzi, du dieu du Tonnerre Thor, d'un hacker de temps coiffé d'un mulet et portant de lunettes des années 1980, et d'un policier à tête de tricératops. David Sandberg dit avoir eu l'idée de ce film en écoutant les musiques de Mitch Murder, un DJ suédois emblématique du synthwave. Mais, comme vous le savez, les films présentés lors de la Quinzaine ne sont pas en compétition.

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Attardons nous davantage sur les prix décernés par le jury du 68ème Festival de Cannes. Jacques Audiard reçoit (enfin !) la Palme d'Or pour Dheepan, qui lui avait été refusée pour De rouille et d'os, Un prophète et Un héros très discret : une décision surprenante car ce film a reçu un accueil des critiques plus froid que ses œuvres précédentes. Librement inspiré des Lettres Persanes de Montesquieu, il raconte l'histoire d'un Tamoul fuyant la guerre civile au Sri Lanka et réfugié en France.

Le prix de la mise en scène revient à Hou Hsiao-hsien pour The Assassin. Ce réalisateur pionnier de la Nouvelle Vague taïwanaise, dont le dernier film remonte à 2007, a été encensé par la critique. On y suit le parcours de Nie Yinniang, une jeune femme appartenant à « l'ordre des assassins », dans la Chine du IXème siècle.

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Agnès Varda devient la première femme et la neuvième personnalité à obtenir une Palme d’honneur pour son œuvre riche (41 films réalisés dont Cléo de 5 à 7). Le Prix du jury revient au réalisateur grec Yorgos Lanthimos pour The Lobster, un conte fabuleux et déjanté qui symbolise la difficulté à trouver l'amour dans la société contemporaine. Laszlo Nemes, lui, reçoit le Grand Prix pour le Fils de Saül, dans lequel il retrace le quotidien de Juifs forcés à collaborer avec des nazis pour leur plan d'extermination. Ce film a été salué par Claude Lanzmann qui y voit « l'anti-Liste de Schindler ». Quant au Prix du scénario, il est attribué à Michel Franco pour Chronic, un film d'actualité puisqu'il s'intéresse à la fin de vie.

Enfin, le prix d'interprétation féminine récompense deux actrices à la fois : Rooney Mara pour son rôle de Thérèse Belivet dans Carol ainsi que Emmanuelle Bercot qui joue dans Mon roi de Maïwenn. Le prix d'interprétation masculine revient à Vincent Lindon, pour sa performance remarquée dans La loi du marché, de Stéphane Brizé.

Nathan Jactel

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