Cannes Jour 8

Cannes, huitième jour de compétition. Au programme : un film italien au casting irréprochable, un long métrage chinois qui semble avoir fait l’unanimité et le très attendu Love du réalisateur argentin Gaspar Noé. On passera sur la robe entièrement transparente et les talons léopards de Stella Rocha.

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Jane Fonda, Mickael Caine et Harvey Keitel montent les marches pour Youth de Paolo Sorentino.

Pour commencer la journée, place à un habitué du festival : Paolo Sorrentino, dont les singuliers Il Divo, This Must be the place, La grande bellezza avaient été sélectionnés lors de précédentes éditions. Cette année, c’est Youth qu’il présente en compétition. Les festivaliers ont pu assister à une très belle montée des marches, à l’image du casting du film qui rassemble notamment Jane Fonda, Rachel Weisz ainsi que les deux monstres sacrés Harvey Keitel et Michael Caine. Youth est un film sur la vieillesse, le temps qui passe, l’avenir… autant de sujet traités avec pour toile de fond des paysages et une nature magnifiques. Deux amis octogénaires partent dans un hôtel au milieu des Alpes, et décident de faire face à leur futur aux côtés d’autres personnes qui n’ont que faire de ce temps qui s’échappe. Le long-métrage semble avoir divisé les critiques comme l’explique le magazine Variety: « quand le film s'est complètement terminé et que l'écran devint noir, des gens ont bruyamment hué de tous les coins de la salle, du coup une vague d'applaudissements encore plus forts et des “bravo“ se sont fait entendre pendant la fin du générique. » Si le Parisien, à la suite de la projection, s’interroge « Et si c’était la Palme…», Le Guardian y voit « un divertissement mineur ». La prestation des acteurs, en revanche, a été unanimement saluée.

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La montée des marches de l’équipe de Mountains May Depart

La montée des marches de Mountains May Depart a débuté à 21h. Zha Tao, Zhang Yi, Liang Jingdong et Dong Zijan ont accompagné le réalisateur dans une discrétion et une humilité tranchant avec les habitudes cannoises des occidentaux, toutes en œillades et en cambrures de reins. Suite à sa projection, la croisette s’est montrée très enthousiaste. Jia Zhang-Ke, le réalisateur de l’ultra violent et déroutant A Touch of Sin (Prix du scénario au festival de Cannes en 2013) dépeint dans son nouveau film l’histoire d’un triangle amoureux s’étendant sur une trentaine d’année, s’achevant en 2025. L’avis de Louis Guichard de Télérama sur sa dernière oeuvre est plus que favorable : « Sans jamais s'attendrir ni se lamenter, Jia Zhang-Ke donne le frisson à la Croisette avec ce film de maturité, ample et sec, qui dévoile seulement in extremis son moteur secret : un lyrisme débordant, inconsolable. ». « On espère qu’il sera au Palmarès » écrit Pascal Merigeau pour l’Obs. Le magazine Première souligne quant à lui que si en premier lieu le long métrage peut sembler étrange, il n’en reste pas moins un « mélo flamboyant ».

Gaspar Noé et ses acteurs pour la séance nocturne de Love

Gaspar Noé et ses acteurs pour la séance nocturne de Love

Un des films les plus attendus du festival a été dévoilé lors d’une séance nocturne : Love a fait salle comble, attirant les festivaliers qui se sont pressés pour voir le dernier long-métrage de Gaspar Noé, dont émanait déjà avant la projection un parfum de scandale. Des dizaines de personnes n’ont pu voir le film faute de place, ce qui n’arrive jamais pour une séance de minuit. Il y a treize ans, le réalisateur argentin avait choqué la croisette avec Irréversible et sa scène de viol s’éternisant pendant une dizaine de minutes, d’une dureté et d’un réalisme perturbant. Love conte l’histoire de Murphy, 25 ans, se remémorant une passion dévorante avec son ancien amour. Les extraits dévoilés avaient annoncé un film sulfureux, charnel, sensuel… sexuel. Et en 3D s’il-vous-plaît. Les premiers retours de la presse et des spectateurs ne se sont pas fait attendre et se rejoignent pour la plupart. On ne peut pas dire que Love était le choc attendu, c’est plutôt la résignation et l’incompréhension qui transparaissent dans les premières critiques. En témoigne l’Obs qui titrait ce matin dans un jeu de mot racoleur « « Love » de Gaspar Noé à Cannes : débandade en sortie de projection », le Parisien souligne quant à lui les railleries dont le film a été l’objet suite à sa projection. « L’histoire prometteuse d’un triangle amoureux à la libido débordante est finalement passé sous la barre du porno : peu de dialogues pour ce mélodrame aux scènes de sexe mécanique » estime le Figaro. Le réalisateur, interrogé en conférence de presse le lendemain, a affirmé : « Je ne le trouve pas transgressif, même l'éjac faciale elle est joyeuse. ». Si vous le dites Monsieur Noé…

Ainsi s’est achevée cette huitième journée de festival, arrivé au deux tiers de sa durée et dont la sélection a déjà été saluée à de nombreuses reprises. Journée durant laquelle Hugues Anglade et Louise Bourgoin ont eux aussi monté les marches pour « Je suis un soldat » présenté dans la catégorie « Un certain regard ». On aura noté également la montée des marches très remarquée (comme toujours) de Rossy de Palma…

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