Lara-Scarlett Gervais : « L’image est un outil pédagogique incontestable »

Photographe, aventurière, Lara-Scarlett Gervais a photographié, au cours de deux voyages en Irak et en Syrie en 2016, les dégâts de la guerre et des destructions systématiques de l’Etat islamique. Ses photos sont à retrouver dans l’exposition « Alâthar : Seul(e) après Daesh », à Sciences Po…. Elle parle ici de ses expériences, de ses projets à destination des enfants, de sa vision de l’image et de la solitude des travailleurs syriens. Comment définirais-tu ton activité ? Je suis voyageuse, ce qui m’intéresse, c’est aborder un pays par sa frontière, c’est l’autre, la différence, la découverte, la rencontre des mondes. Comment on en vient à cela, aux projets Alâthar et Odyssée ? Je crois que se sont d’abord mes voyages puis une suite d’évènements qui m’ont conduit à m’engager dans cette cause. Je suis partie d’une réflexion ou je souhaitais donner du sens à ma démarche de voyageuse puis de photographe. Après avoir vue le meilleur et le pire dans mes périples, je crois que la clé de tout se trouve dans les mains des enfants et donc dans l’éducation. Je suis très sensible et convaincue par une idée simple : Ce sont nos enfants qui pourront changer le monde pour qu’il devienne meilleur. Le monde des grands est souvent trop perverti. Bref, ce sont des grandes choses qui nous dépassent mais à mon niveau c’est par cette voie que j’ai décidé d’agir et de lancer le programme éducatif ODYSSEE. Il y a aussi eu l’exposition ALÂTHAR, Seul(e) après Daesh qui a été soutenu par l’ONU et le bureau UNESCO de Genève sur la thématique de la destruction du...

Rencontre avec l’équipe du film If Beale Street Could Talk

Close Up a pu assister à l’avant-première du nouveau chef d’œuvre de Barry Jenkins, If Beale Street Could Talk (2018). Le réalisateur oscarisé pour Moonlight (2016), accompagné des deux acteurs Kiki Layne et Stephan James, s’est prêté au jeu des questions-réponses à la fin du film. Retour sur ce débat. A l’origine de ce film, on trouve l’œuvre de l’auteur James Baldwin. Le livre revient sur les injustices subies par les Noirs américains, un des personnages principaux Fonny étant accusé à tort d’un viol. Barry Jenkins a décidé de rester au plus proche de l’histoire originelle se déroulant dans les années 1970, afin de démontrer que les préjudices envers la population noire persistent. Mais If Beale Street Could Talk est aussi une histoire d’amour, celle entre Fonny et Tish ; et il était essentiel pour le réalisateur oscarisé de représenter cette dualité tout en accentuant la relation entre les deux personnages. En effet, lorsque on interroge le réalisateur sur ce choix, il explique que l’amour est un sentiment universel qui nous touche tous, peu importe nos convictions, notre couleur de peau, ou notre orientation sexuelle… Voici donc le point de départ de cette histoire. On retrouve une autre dualité dans le film, plus précisément dans le personnage principal, Tish. En effet, celle-ci est contrainte d’évoluer. Âgée de seulement dix-neuf ans alors qu’elle attend un enfant de Fonny emprisonné, celle qui n’était qu’une jeune fille se voit contrainte de devenir femme sans pour autant se défaire de son innocence. En ce sens, sa cape blanche, que l'on voit réapparaître au long du film, articulé autour de ses souvenirs, symbolise cette...

Rencontre avec Alexis Michalik

Alors que les spectateurs applaudissent chaleureusement dans une salle de cinéma de Rueil-Malmaison le générique d’Edmond, Alexis Michalik prend le micro, tout sourire. Une nouvelle salve d’applaudissement retentit alors. Si le nom de Alexis Michalik ne vous dit encore rien, j’ai l’espoir que cet article vous donnera envie de courir au théâtre, ou au cinéma, pour découvrir ce génie français. Révélé en 2012 par le succès de la pièce grandiosement mystérieuse Le Porteur d’histoire, qui se joue encore à Paris et à Lyon, le dramaturge a réussi à conquérir les planches parisiennes par sa plume magnifique. Pourtant, c’est un homme simple et modeste qui se présente devant les Reuillois réunis dans la salle, acceptant de prendre des photos avec les admirateurs, d’échanger sur le théâtre avec les amoureux des grandes salles, et de donner des conseils à ceux se tournant vers la profession. Voici un petit retour sur cette rencontre théâtrale. Nous pouvons vraiment remercier la Providence pour avoir débusqué ce talent. Comme il l’explique, il a commencé sa carrière en tant que comédien, après avoir suivi l’atelier théâtre de son établissement scolaire. Vous l’avez probablement aperçu dans certaines séries ou dans des films (Kaboul Kitchen, Les Chatouilles). Ses premiers pas sur les planches se font dans le rôle de Roméo dans une mise en scène de Irina Brook. Il en tire de précieux enseignements et commence à mettre en scène de grands classiques avec son propre style, mais sans adapter ses propres esquisses. C’est alors qu’un de ses amis, en charge de la programmation du festival d’Avignon, lui propose une place. C’est en seulement un mois, ce qui...