Under the Silver Lake :  L’interprétation des rêves éveillés

Under the Silver Lake : L’interprétation des rêves éveillés

Un film de David Cameron Mitchell, 2018, 2 heures 20, avec Andrew Garfield... L’histoire, racontée de la sorte, paraîtra somme toute assez classique : un trentenaire, archétype du gentil loser, s’entiche de sa nouvelle voisine avec qui il a passé une soirée. Le lendemain, alors qu’elle s’est comme évaporée, il va partir à la recherche de cette fille dont il ne connaît rien. Seulement, sur ces fondations qui rappelleront nombre d’histoires, cette enquête va le mener dans des mondes mystérieux et des rencontres cocasses. Le personnage s’enfoncera, tout au long de sa quête, dans des sphères de plus en plus irrationnelles et énigmatiques. Pour notre plus grand plaisir. Le moteur de l’action, ce qui fait avancer le film, c’est un personnage dont on pourrait dresser le portrait de la sorte : il irresponsable, inconséquent, passif, mou mais s’avérant parfois extrêmement violent, sans but, sans travail, sur le point de se faire déloger, vieil adolescent, un brin parano, carrément voyeur. Loin d’être le portrait du héros idéal, on s’identifie pourtant absolument à lui, malgré tout ce qui fait qu’on a envie de le haïr et de le secouer. Et ce pour une raison simple : il a cela de commun à l’espèce cinéphilique qu’il préfère vivre sa vie par procuration, en contemplant le monde autour de lui ou en se réfugiant dans ses références littéraires, musicales et cinématographiques. Il est le personnage de James Stewart dans Fenêtre sur Cour, mais sans raison valable de rester chez lui à espionner avec ses jumelles ses voisines. C’est donc ce personnage (interprété par Andrew Garfield, irréprochable) que l’on va suivre dans son enquête...