Top 5 des pires films de 2016

Nous avons certes passé de très bons moments dans les salles obscures l’an dernier (cf notre top sur les 30 films de 2016) mais certains films ne peuvent faire oublier qu’il existe quelques catastrophes cinématographiques… Retour sur les films où nous nous sommes ennuyés, ceux que nous avons trouvés ridicules et ceux qui ont été surcotés. 1. Suicide Squad – David Ayer Suicide squad nous fait penser aux tutos que l’on trouve sur internet en période de fêtes, comme cette recette de bûche de Noël au pain d'épice et Nutella : le résultat a l’air si impressionnant qu’il nous faut absolument essayer, même si l’on ferait mieux de s’abstenir. Marc Gautron, scénariste et philosophe, conseille lorsqu’on ne sait pas quoi penser d’un film de créer un tableau organiser selon trois colonnes, histoire - esthétique - message, afin d’organiser ses idées, et ses critiques. Si dans la première colonne consacrée à l’histoire on s’attendait à retrouver tous les éléments qui font un bon film Marvel, on se trouve en réalité confronté à un étalage de quotas : dignes des séries américaines diffusées le lundi soir sur TF1, on retrouve une femme, un noir et un mexicain cantonnés à des personnages stéréotypés. Au-delà des personnages, l’intrigue elle-même est confuse et peu élaborée. En effet, afin de sauver la terre des menaces d’un sorcier, les Etats-Unis décident de réunir une équipe de super vilain dotés de pouvoirs, les super gentils étant poursuivis en justice pour destruction de bien public. On suit donc les aventures de cette bande de méchants qui ne se prend pas au sérieux, tout en assistant impuissant à la...

Les 20 meilleurs films de 2016

Avec un record de 213 millions d'entrées dans les salles françaises, le milieu du cinéma ne s'est jamais mieux porté qu'en 2016. Entre blockbusters, films d'auteur ou films d'animation, que retenir de cette riche année ? Close Up a fait son choix. Très subjectivement. 1. Captain Fantastic - Matt Ross Ben et Leslie ont décidé de quitter la société consumériste dans laquelle ils vivaient pourgagner les grands espaces verts. Leur but était clair : fonder une famille en vivant isolé de la société et se créer un paradis terrestre. Les six enfants sont éduqués au contact de la nature et ne connaissent la société que par les livres. Leurs capacités physiques et intellectuelles sont poussées au maximum. Mais est-ce le garant d'une réelle compréhension du monde contemporain ? Contraints d'abandonner ce paradis, la découverte du monde extérieur est amère. Ben en vient à remettre en cause ses méthodes d'éducation. Regarder Captain Fantastic, c'est apprécier les grandes forêts reculées du nord-ouest des Etats-Unis. C'est entrevoir la possibilité de la vie en autarcie au contact d'une nature luxuriante, à la fois dangereuse et protectrice. C'est l'utopie folle de s'enfuir loin de notre société de consommation aliénante pour vivre dans un abri aménagé au milieu des bois, avec des livres, des instruments de musique et de quoi chasser et se défendre. Mais les péripéties qui suivent viennent à interroger Ben, le père incarné avec brio par Viggo Mortensen, sur le bien fondé d'une éducation déconnectée physiquement de la société, connue seulement à travers les écrits de grands théoriciens. L'eden se transforme peu à peu en caverne de Platon, et les enfants ont...

Night on earth – Contemplations, le retour

La nomenklatura de notre association ayant toléré mes premières incartades, me voici de retour pour évoquer là encore une pépite oubliée du cinéma. Depuis Koyaanisqatsi, qui je l’espère vous a transcendés au moins autant que je le fus au premier visionnage, le temps a fait son œuvre et en bon serviteur, j’ai tenté de dénicher de véritables merveilles laissées au ban du panthéon cinématographique. Après moult échecs me laissant dubitatif quant à ma capacité à visionner des films contemplatifs serbo-croates dont personne ne parle même après quelques verres, je reviens avec une œuvre christique. Aujourd’hui, mes chers lecteurs (s’il en reste), nous nous intéresserons à ce que le cinéma américain fait de mieux dans le genre. Je ne parlerai bien évidemment pas de blockbusters hollywoodiens et cela sans mépris aucun, mais plutôt de ce cinéma loufoque et surréaliste, parfois angoissant, que nous livrent quelques réalisateurs outre-Atlantique. J’entends encore des voix s’élever pour crier « David Lynch » ou « Mullholand Drive » en cœur (c’est une fixette les amis) mais aujourd’hui nous évoquerons le cas de Jim Jarmusch et de son film Night on Earth sorti en 1991. Pour replacer quelque peu le personnage dans un contexte épuré : Jim Jarmusch est né en 1953 dans l’Ohio et sa mère, chose peu courante dans l’Ohio, était critique de cinéma. Elève extrêmement doué, il est sujet très tôt à de nombreux éloges et son premier film lui vaudra le poste d’assistant réalisateur de Win Wenders. Ce dernier semble d’ailleurs avoir eu une influence certaine sur les premiers films de Jarmusch. Parmi ses films les plus connus on retrouve Dead Man avec le jeune Johnny...

Hommage à Ettore Scola – Une Journée Particulière

Journée particulière aujourd’hui pour le cinéma, qui vient de perdre l’un de ses plus grands. Ettore Scola, maître du cinéma italien, vient de mourir à l’âge de 84 ans. Plutôt qu’un retour sur sa carrière forcément incomplet et trop superficiel, nous vous proposons une petite critique d’un de ses plus beaux films, réalisé en 1977 : Une Journée Particulière. Cette journée particulière est celle de la visite d’Hitler à Rome le 8 mai 1938. Alors que la plupart des habitants se rendent comme un seul homme au défilé organisé par le régime, Antonietta (Sophia Loren), mère de famille nombreuse condamnée aux tâches ménagères, et Gabriele (Marcello Mastroianni), homosexuel mis au ban de la société, restent seuls dans leur immeuble sous l’œil méfiant de la concierge. L’échappée du perroquet d’Antonietta jusqu’à la fenêtre de Gabriele permettra à ces deux exclus de vivre le temps d’une journée une étrange et fugace histoire d’amour rythmée par la retransmission radiophonique du défilé. Mais à la fin de la journée, Gabriele est déporté tandis qu’Antonietta retrouve sa prison conjugale. Sophia Loren et Marcello Mastroianni sont ici employés à contre-emploi, mettant ainsi en valeur l’emprisonnement social dont ils sont victimes. Elle, jusque-là femme fatale et symbole glamour, incarne une mère de famille, vieillie avant l’âge par les tâches ménagères, aux vêtements râpés et mal taillés, comme brisée par ce qu’on lui impose. Lui, incarnation de l’italien viril voir macho, hétérosexuel, tient un personnage homosexuel, célibataire et excentrique. Tous deux sont piégés par le régime. Antonietta est incapable de sortir du moule étroit de femme reproductrice destinée au foyer, tandis que Gabriele ne pourra jamais devenir...

Nos 10 films de 2015

Voilà, c'est fait, 2015 s'en est allée. Si par bien des aspects, on ne la regrettera pas, force est de constater que le cinéma s'y est plutôt bien porté. Au moment où 2016 s'apprête déjà à nous livrer sa récolte cinématographique, il est temps de faire le point sur les 10 films qui nous ont marqué cette année à Close Up.   10. Un beau portrait de femme Marguerite, de Xavier Giannoli Révélé par le court J'aime beaucoup ce que vous faites, Xavier Giannoli avait enthousiasmé la critique avec Quand j'étais chanteur. Après l'échec de Superstar en 2012, il revient fort avec ce film, mettant en scène l'histoire de Marguerite Dumont, riche amatrice de musique et d'opéra, qui chante faux sans que personne n'ose lui dire. Il signe un film touchant, portée par la sublime ambiguïté du personnage de Marguerite, toute en fausse naïveté. Catherine Fort y est absolument parfaite, richement éclairée par la lumière et les décors somptueux. La bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=hTArMZZOKIE  9. Une tentative de renaissancePhoenix, de Christian Petzold Christian Petzold s'attaque à un sujet difficile, le retour à la vie normale d'une déportée à Auschwitz. Défigurée, Nelly apprend que son mari l'a trahi, tout en essayant de se reconstruire. Un film brillant, notamment par la prestation remarquée de Nina Hoss dans le rôle principal, qui revisite symboliquement l'Allemagne post-conflit : celle qui doit renaître de l'atrocité et de la déshumanisation dont sont victimes les déportés. La Bande Annonce : https://www.youtube.com/watch?v=7UAH14PqNbc  8. Une angoisse de feuille blanche, sauce absurdité Réalité, Quentin Dupieux Le cinéaste français creuse son sillon singulier avec son dernier film: de Wrong, il a repris la photographie lisse et épurée,...

My names are Bond

James Bond « Spectre » sort demain. Et si on se rafraichissait la mémoire ? L’espion de Ian Fleming : Il ne faut pas oublier que Ian Fleming est l’auteur du personnage de James Bond, un personnage de roman avant tout. Né en 1908 à Mayfair en Grande-Bretagne, Fleming devient journaliste et surtout officier dans le renseignement naval britannique. Il est même toujours suspecté d’avoir été un espion sur le terrain. Après la guerre, fort de son expérience sur le renseignement et grâce à sa plume de journaliste, Ian Fleming commence à écrire sans s’arrêté les aventures de James Bond, dont la première est Casino Royale en 1953. Chaque année, une nouvelle aventure sera publiée pour un total de 12 livres et 9 nouvelles sur son agent secret préféré. Comment tient-il ce rythme effréné ? Journaliste au Sunday Times, il a négocié son contrat pour se garder deux mois de vacances consécutifs chaque année qu’il va passer dans sa résidence Jamaïcaine « Goldeneye » (qu’il a trouvé lors d’un congrès inter services secrets) a rédiger les aventures de James Bond. Malheureusement pour nous, Ian Fleming meurt prématurément d’une crise cardiaque en 1964, tellement vite que certains de ses ouvrages seront publiés à titre posthume. Il a cependant pu voir les premiers films de James Bond et il est intéressant de savoir que Christopher Lee qui nous a quitté plus tôt cette année était son cousin qu’il a proposé pour jouer le rôle de Dr. No, le grand méchant dans le premier James Bond. Lee a été refusé mais trouvera son bonheur quelques années plus tard en jouant l’ennemi de Bond dans L’Homme au Pistolet d’Or, Francesco...