Cinq films pour… rester en vacances

Cinq films pour… rester en vacances
Août est sur le point de laisser place à septembre, ton bronzage à ton teint habituel de mort-vivant, ton cocktail à tes cours de droit constitutionnel. Mais hors de question de déprimer, le cinéma sera toujours là pour te redonner le sourire aux lèvres et l'illusion du soleil brûlant de juillet... Voici donc une sélection aux petits oignons de cinq films qui perpétueront, encore un temps, le charme des vacances d'été !
1 - El Mejor Verano de mi vida de Dani de la Horden (2018)
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Et toi, ton père est-il un super-héros ? Quand Curro promet à son fils Nico de lui offrir les meilleures vacances de sa vie s’il a les Félicitations, il ne pense pas une seconde que celui-ci y parviendra. Pourtant, lorsque Nico obtient les notes tant attendues, son père est bien contraint d’honorer sa promesse… même s’il est dans une situation financière catastrophique (les robots culinaires pour lesquels il est commercial ne se vendent pas) et alors que sa femme vient de décider de faire un break à cause de son comportement irresponsable. El Mejor Verano de mi Vida est donc LE film feel good de l’été et en regroupe tous les éléments : la narration du point de vue de l’enfant ; un road trip à travers l’Espagne depuis la maison de campagne maussade de la grande-tante radine jusqu’aux plages paradisiaques et opulentes de Marbella ; des rencontres rocambolesques et hautes en couleur (dont celle avec la belle fondatrice d’un camping de yoga vegan hippie qui fait tout pour sortir sa fille du mutisme dans lequel elle se trouve depuis le départ de son père) ; de l’amour à foison ; des idéaux (la mère de Nico se bat contre la fermeture de l’usine dans laquelle elle travaille), et surtout une fin heureuse, très heureuse. Alors embarquez dans la vieille voiture de Curro qu’il a “empruntée” à un ami en prison et suivez le père et le fils dans leur quête du bonheur, il se pourrait bien qu’il se trouve au coin de la rue…
Elena di Benedetto
2 - Nos jours heureux, Toledano et Nakache (2005)
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« Les jolies colonies de vacances » Si toi aussi tu as passé le BAFA (ou si tu comptes le passer), et si toi aussi tu as eu la chance d’encadrer des colonies ou d’y participer dans ta folle jeunesse, Nos jours heureux, comédie mouvementée d’Éric Toledano et Olivier Nakache est faite pour toi ! Soit elle t’encouragera à passer la théorie et la pratique (ou t’en dissuadera ? à voir !), soit elle te rappellera les bons et les moins bons souvenirs de cette vie en micro-société. Car oui, trois semaines en colonies, c’est intense : tant pour les professionnels submergés par la situation qui deviennent cinglés (la réplique de Joséphine de Meaux en reste célèbre), que pour les adolescents qui, en plus de découvrir les autres, se découvrent eux-mêmes. Si la mise en scène n’est pas spécialement mise en avant et si le 7ème art n’en est pas renouvelé dans ses fondements, la force du film reste dans son dynamisme, son sujet attractif et rieur et le travail de ses personnages. Ces derniers, plus atypiques les uns que les autres (entre un Jean-Paul Rouve directeur débordé de responsabilités qu’elles soient administratives ou plus personnelles, et une Marilou Berry égale à elle-même), nous remémorent les profils gravés dans l’Histoire de ces « voyages organisés » : on retrouve évidemment la jeune mono perdue, le sportif beau gosse, les parents inquiets mais surtout les gosses déchaînés. En plus d’un succession de gag, l’œuvre réussit à allier humour et tendresse à la perfection. Aussi, malgré les stéréotypes faciles et des paroles à la limite de la caricature, Toledano et Nakache réussissent à capter le subtil basculement entre l’enfance et l’adolescence, ce moment où les petits parlent comme des adultes et ressentent des émotions nouvelles. Joli moment, donc, à passer en famille ou entre amis, sans prétention aucune.
Pauline Bérard
3 - La Piscine, Jacques Deray, 1969 : Drame aquatique mythique
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Si vous êtes adeptes de dialogues emplis de sous-entendu, de scénarios tragiques et de relations sociales venimeuses, ce huis-clos d’une finesse et d’une sensualité remarquables est fait pour vous. Entre beauté, virilité et jalousie, Jacques Deray réussit, dans La Piscine, à allier esthétisme mythique et polar psychologique. Côté mise en scène, la caméra filme amoureusement les déambulations d’Alain Delon et de Romy Scheider, duo d’un érotisme brûlant. La peau brunie par un soleil au zénith, l’ennui fiévreux des personnages crève l’écran... pour notre plus grand plaisir. Dans cette bulle aseptisée, ce nouvel espace-temps s’ouvre et se ferme sur cette merveilleuse piscine, centre du long métrage et vrai métronome du scénario (« le plus bel endroit de la maison »). Les émotions féroces s’entrechoquent et les plus petits soupçons sont captés par un auditoire suspendus aux moindres faits et gestes des quatre personnages iconiques. Si l’eau de la piscine est claire, les relations entre les protagonistes le sont moins : au programme donc, atmosphère troublée, tension latente et engrenage des passions. Entre fantasme et voyeurisme, La Piscine reste aujourd’hui un classique du cinéma, idéal pour se replonger dans l’univers des vacances au sein de cette extraordinaire villa. Côté météo, soyez pourtant prudent, le climat risque d’être aride et sulfureux.
4 - Into the wild - Sean Penn (2007) Résultat de recherche d'images pour "into the wild" A mesure qu’approche inexorablement la rentrée, n’est-elle pas grande, ami cinéphile, l’envie de tout quitter, d’enfiler de bonnes chaussures de marche et de partir écumer les routes ? Brûler cahiers de cours, feuilles de notes, et carte d’étudiant comme pour rompre cet étrange sortilège qui force à se lever, chaque matin que Dieu fait, pour aller écouter de vieux sages déblatérer occultes savoirs. Et tout ça sur un coup de tête ... Un coup de tête, vraiment ? Il y a au contraire quelque chose de bien plus sage et profond dans ce désir de fuite et d’évasion, comme nous l’enseigne Christopher McCandless. Ce brillant étudiant, devenu vagabond idéaliste, a en effet choisi de prendre la route plutôt qu’un emploi une fois son diplôme obtenu. Rejetant la société états-unienne et persuadé que le bonheur réside en toutes choses, pour peu que l’on sache les regarder, il part explorer les paysages nord-américains à la quête de sens et de beauté. En chemin il côtoiera une nature tout aussi idyllique que sauvage et croisera diverses personnes vibrantes de sincérité. En somme, un road-movie a l’allure on ne peut plus classique … Allure toutefois trompeuse ! Car Into the wild se révèle bien plus intéressant que le simple récit des aventures d’un jeune hobo. La preuve en est que le long périple de Christopher ne le conduit pas au sens recherché, mais à une toute autre chose : à lui-même. C’est-à-dire à un être certes libre et rempli de possibles, mais rendu incomplet par sa solitude volontaire … L’illusion était pourtant grande de croire le bonheur caché au fond des grandes forêts. Voilà sans doute un film à propos pour qui souhaiterait étancher sa soif de voyage … tout en se convainquant de la nécessité de ne quitter ni la société des hommes, ni des études sur le point de reprendre ! Olivier Bonnot
5 - Call me by your name de Luca Guadagnino (2018) Résultat de recherche d'images pour "call me by your name" Avec son bleu céladon et son jaune vif, vous l'aurez reconnu, c'est ce film qui est sorti en plein hiver dernier, improbable, hors-saison et d'autant plus apprécié. Call me by your name retrace un été de séduction, d'hésitation et de découverte de l'autre, avec une histoire d'amour splendide entre Elio, dix-sept ans, et Olivier, vingt-quatre ans, élève du père d'Elio invité dans leur villa familiale. Et quelle histoire. La romance, vouée à s'achever avec la fin des vacances, est aussi belle qu'éphémère et violente. Le réalisateur déploie des trésors d'ingéniosité pour une immersion totale pour le spectateur : qu'il s'agisse des reflets du soleil sur l'eau de la piscine, de la végétation luxuriante, des corps bronzés ou encore des repas de famille interminables dans une soirée encore caniculaire, le charme opère. L'été, c'est avant tout l'explosion des sens, dans l'excès le plus absolu, et le film est à l'image de cette saison de trop-pleins. Voluptueux, sensuel, nonchalant, ruisselant d'une splendide lumière naturelle, porté par un duo d'acteurs à l'alchimie irrésistible et viscérale, Call me by your name est avant tout une immersion de plus de deux heures dans ce que les vacances peuvent avoir de plus beau et de plus insupportable, dans cette tension qui découle directement du fait que l'on sait bien que l'été est condamné à s'achever et à emporter avec lui tous ses délices. L'été, rien ne compte vraiment. A moins que ?... Capucine Delattre

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