Good Time – Benny Safdie & Joshua Safdie

Les frères Safdie ont fait une première apparition au festival de Cannes à la Quinzaine des réalisateurs en 2009 avec Lenny and the Kids. Benny et Joshua Safdie utilisaient leur propre matériau, celui de leur enfance, et investissaient la thématique de la relation entre un père divorcé et ses deux fils.

Ils s’associent à nouveau pour faire naître un thriller. Good Time est sélectionné en compétition officielle pour la Palme d’or 2017 au Festival de Cannes.

Connie et Nick Nikas, deux frères très soudés, décident de braquer une banque en plein jour, à New-York. Une fois le butin empoché, il faut se faire discrets … Poursuivis par la police, Connie arrive à les semer tandis que Nick reste tributaire de ses faibles capacités mentales et est capturé. Connie, qui ne conçoit pas de laisser son frère en prison, décide de réunir une caution pour le faire libérer. Mais un autre choix plus séduisant se fait jour : faire évader Nick.

Le film s’ouvre sur une consultation chez un psychiatre. Nick Nikas (incarné par Benny Safdie) atteint de troubles mentaux, doit se faire aider. Quel est son rapport à la réalité ? C'est alors que Connie (interprété par Robert Pattinson), son frère, vient le chercher, contre la décision du psychiatre. Les réalisateurs mettent en scène un premier duel, celui de l’institution disciplinaire (un hôpital psychiatrique ici), telle que définie par Michel Foucault (dans son livre Surveiller et punir, 1975), et l’individu désigné par la société comme différent.

Les psychiatres étant considérés comme des ennemis, seuls Connie et Nick peuvent régler leurs problèmes, sans devoir être assistés par ces structures de pouvoir. Mais il s’agit aussi de préparer le braquage d’une banque. Les réalisateurs optent pour une scène troublante, troublante car non-violente. La tension est transposée dans la bande originale qui tient en haleine autant les personnages que les spectateurs.

Connie et Nick ressortent avec la somme qu’ils convoitaient. Mais un antivol explose dans le sac et répand de la peinture rouge sur une grande partie des billets dès lors inutilisables. Une course poursuite commence avec les policiers, Nick est arrêté et Connie fuit. Réunir une caution pour faire libérer Nick suppose de récolter de l’argent à nouveau …

Connie décide de faire évader Nick, qui après un séjour violent en prison est transféré dans un hôpital à la fois à cause de son état physique et mental.

Les frères Safdie réalisent pleinement ce que l’on peut désigner comme un thriller. Un seul renversement de situation permet suspense et tension narrative qui tiennent le spectateur en tension jusqu’au dénouement.

En effet, les réalisateurs optent le plus souvent pour des plans serrés et sombres, ce qui ne laisse que peu de pouvoir au spectateur pour deviner et cerner pleinement la situation. Cependant, les rebondissements et l’humour sont au rendez-vous au plus grand plaisir du spectateur.

Comme pour boucler la boucle, les réalisateurs optent pour une dernière scène en centre psychiatrique dans lequel Nick a été transféré. C’est donc un retour à la case départ et une victoire de l’institution disciplinaire (prison, asile et hôpital) sur les deux frères qui se présentaient comme exclus du système.

Le thriller entremêle différentes trajectoires humaines avec subtilité et recul critique. Il vous faudra découvrir la suite …

Vous n’avez donc aucune raison de louper sa sortie en France, surtout n’hésitez pas, ne serait-ce que pour vivre cette nuit new-yorkaise hors norme.

Ariane CORNERIER.

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