How to talk to girls at parties – Un alien au Festival

Hors-compétition, How to talk to girls at parties nous raconte l’amour naissant entre un jeune punk et une alien.

1977. A Croydon, petite ville de la banlieue Londonienne, la révolution punk commence à s’infiltrer dans l’esprit d’une jeunesse étouffée par le conformisme. Sous l’influence des Sex Pistols et The Clash, chaque adolescent se rêve punk anarchiste. Alors qu’ils sont virés d’une soirée déchainée par un concert supervisé par la Queen du punk locale (Nicole Kidman), Enn et ses deux amis débarquent dans une villa aux allures de maison close où ils espèrent assouvir leurs fantasmes sexuels. A la place, ils découvrent un endroit insolite où chaque salle est investie par des performances aussi étranges qu’envoutantes. Moulés dans leurs tenues de vinyle bleu, jaune et orange les corps se contorsionnent, crient, et dansent, entraînant les trois garçons dans leurs extases. Au sein de ce peuple extra-terrestre, féminin et masculin se troublent, le plaisir se confond avec souffrance, l’interdit avec la tradition. Au moment où le trio pénètre dans la maison, deux mondes s’entrechoquent. Les jeunes wanna be punk d’un côté, et un groupe d’alien étrangement fascinant, caricatures d’une dérive sectaire du conformisme, de l’autre. Au détour d’une salle, Enn rencontre la jeune Zan, interprétée par la talentueuse Elle Fanning. Epris l’un de l’autre, ils décident de s’enfuir à la découverte de la culture punk… et de l’amour. A travers la métaphore du personnage de BD Vyrus créé par Enn, en référence à l’émergence souterraine de l’épidémie du VIH, la jeune fille aux allures mystiques puritaines est peu à peu contaminée par l’envie de se révolter contre son peuple.

Dans une atmosphère aussi onirique que dérangeante - qui n’a d’ailleurs pas manqué de faire sortir quelques spectateurs de la salle – Mitchell nous propose un film OVNI qui se garde de tomber dans la banale nostalgie d’une époque. Si les look, la musique et les « We are England » jetés à la face du traditionalisme nous ancrent pleinement dans la période punk, la présence du peuple chimérique nous entraine dans un voyage sensoriel et esthétique qui porte le film au-delà d’une simple peinture. Mêlant l’étrange, le subversif et l’absurde, Mitchell signe un film labyrinthe dans lequel on prend plaisir à se perdre.

Louise Grand

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