Le Petit Prince, une ode au superflu

Adapté du roman de Saint-Exupéry, Le Petit Prince était diffusé aujourd’hui en Sélection Officielle, Hors Compétition, au Festival de Cannes. 20666374 Il s’agit d’un film d’animation, qui raconte l’histoire du Petit Prince par une mise en abyme habile et très jolie. On trouve au début du film une petite fille très studieuse, appliquée mais qui ne fait rien d’autre de sa vie qu’étudier et suivre le « plan » fixé par sa mère pour réussir sa vie. Elle emménage dans une sorte de banlieue pavillonnaire, où toutes les maisons très design se ressemblent et sont regroupées dans des blocs parfaitement rectangulaires. Un monde uniformisé en somme, où l’imagination, la spontanéité n’ont pas leur place. La petite fille s’habille d’ailleurs exactement comme sa mère, jupe et haut gris ou de couleur foncée. Les chiffres sont omniprésents, à la radio, dans ses livres, partout ! En bref, c’est déprimant. maxresdefault (1) Dans leur nouveau quartier, il n’y a qu’une maison qui sort du lot, c’est celle d’un vieillard très farfelu, qui tente désespérément de faire s’envoler son vieil avion dans son jardin. La première scène où on l’aperçoit est d’ailleurs extrêmement drôle, quand l’hélice de son avion traverse la mur du jardin, celui de la maison et vient réduire en miette le tableau du « plan de la vie » de la petite fille, et que pour se faire pardonner il offre un immense bocal de pièces de 1 centime. La petite fille fait petit à petit la connaissance du vieil homme, qui lui transmet feuille par feuille l’histoire qu’il a écrite, celle du petit prince qu’il rencontra il y a fort longtemps. On découvre son jardin et sa maison biscornue, un îlot de magie dans une mer de maisons calibrées. le-petit-prince-de-mark-osborne-11317600lcttc_1713 A partir de là, les scènes alternent entre la première histoire, dont le style graphique ressemble aux Indestructibles, autre film de Mark Osborne, et l’histoire du petit prince, d’abord représentée par des images qui s’animent joliment sur une feuille de papier, puis dans un style de carton animé », oû les figures de papier prennent vie. La narration est faite de telle manière que la vie de la petite fille qui découvre Le Petit Prince et l’histoire du Petit Prince en elle-même se répondent sans cesse. Le petit prince avait fait redécouvrir la beauté de l’enfance, de l’imagination à l’aviateur, qui devenu vieux, réapprend la jeunesse à cette petite fille. Elle apprend à s’émerveiller, à trouver les adultes bizarres, à rire, à avoir peur, à désobéir… Elle découvre la beauté de ce qui est superflu. Le film est d’ailleurs rythmé par de très belles musiques, et en particulier de Boum, de Charles Trenet, très proche du jazz, et c’est exactement le thème du film : chercher la spontanéité, la beauté dans ce qui n’est pas « essentiel ». Le film donne une incroyable impression de légèreté et de spontanéité, il nous émerveille d’un papillon qui vole dans une voiture. Tout y est extrêmement attendrissant, ponctué de bons mots, drôle, et Mark Osborne parvient à nous émerveiller, nous faire rire et sourire, parfois pleurer un peu. Toutes les images sont magnifiques, les couleurs explosent. On ne peut rester indifférent quand un splendide jaillissement d’étoiles a lieu sous nos yeux. Mark Osborne réussit un superbe hommage au Petit Prince, très innovant et poétique, et nous rappelle comme le dit le renard, que « l’essentiel est invisible pour les yeux ». Aurélien Fradet  

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