Le Procès contre Mandela et les autres – Black Lives Matter

Nicolas Champeaux et Gilles Porte / 2018 / 1h43 / “Amandla Ngawethu!”, soit “Le pouvoir est à nous!” en xhosa et en zoulou. Voilà la célèbre phrase scandée par les membres du Congrès national africain et le peuple au cours de manifestations qui eurent lieu en Afrique du Sud sous le régime de l’apartheid.

Le Procès contre Mandela et les autres, également connu sous le nom de L’Etat contre Mandela et les autres, est le titre d’un film réalisé par Nicolas Champeaux et Gilles Porte et qui est en compétition officielle à Cannes. Il revient sur un évènement marquant de cette sombre période de l’histoire sud-africaine, à savoir le procès de Rivonia. Au cours de ce procès qui se déroula entre octobre 1963 et juin 1964 devant la haute cour du Transvaal, furent jugés les chefs du mouvement anti-apartheid, dont Nelson Mandela.

Le nom de Mandela a capté mon attention dès le premier regard, ce nom étant celui de l’homme comptant le plus pour les africains. Je me souviens encore du jour de sa mort, et d’une amie qui pleurait dans mes bras tellement elle était attristée. Nous étions en troisième et je ne connaissais alors cet homme que de nom, sans savoir vraiment quel combat il avait mené. Eh oui, Mandela est un grand oublié des programmes scolaires, à l’instar de la lutte contre l’apartheid ; Martin Luther King et ses prêches sur la non-violence sont beaucoup plus séduisants. Alors, pour une fois que j’avais la chance d’en connaître plus sur Mandela, j’ai sauté sur l’occasion !

Le film démarre, l’écran est noir. Un homme parle, présentant le contexte du procès. Puis une musique de plus en plus angoissante ouvre le film avec des images animées très sombres. Enfin, le titre stoppe cette musique. C’est bon ! La pression est montée et on est plongé dans l’histoire de ce procès peu commun. Neuf accusés dont le premier, Nelson Mandela, est le plus connu. Mais les noms de Walter Sisulu ou encore de Denis Goldberg nous disent vaguement quelque chose.

1h43 durant, nous passons d’interviews de membres de la famille des accusés, tels que celles du fils de Walter Sisulu ou de Winnie Mandela, à une reconstitution du procès en dessins toujours très sombres. En effet, aucune image du procès n’existe et seules les 256 heures d’enregistrement sont disponibles. Les réalisateurs se sont donc basés sur ces dernières pour créer un film. Un travail monstre qui donne un résultat magnifique sur grand écran ! Les témoignages sont drôles, touchants, courageux, tandis que les passages de procès sont révoltants. On se demande comment des êtres humains dans le monde peuvent être tant maltraités, comment certaines personnes peuvent tant se mépriser et s’humilier elles-mêmes. On se demande comment ces hommes ont pu résister aux vingt-six années de bagne qu'ils ont dû subir. On en a les larmes aux yeux à force de penser à ce combat qui n’est toujours pas terminé et on a envie de serrer les réalisateurs et tous les membres de l’équipe dans nos bras pour nous rappeler à quel point les hommes peuvent être horribles entre eux. En effet, ce film permet de nous montrer combien le chemin est encore long à parcourir avant d'atteindre l'égalité entre les Hommes, quelque soit leur origine ou leur couleur de peau, aussi bien en Afrique du Sud qu'ailleurs dans le monde.

Par Clélia Delevoye

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *