Shut up and play the piano – Let Speedy play

« Mes fans m’aiment mais devraient également me détester. » Chilly Gonzales débute Shut up and play the piano par une interview au cours de laquelle il hausse la voix, invitant, menaçant presque le spectateur de le détester. Tout au long du documentaire, on n’arrive à savoir s’il recrée les images ou si ce sont des images d’archives. On jubile devant ses prestations de showman dans l’underground berlinois, et on ne peut s’empêcher d’applaudir à la fin de ses concerts de piano. Cet homme a un parcours si improbable qu’on en ressort sonné. Passé par toutes les villes du monde, par de nombreux styles musicaux, il ne s’arrête toujours pas. Il remet en question la célébrité, le travail des journalistes. Il choisit lui-même ses sosies qui finalement ne lui ressemblent pas du tout. Il se présente pour les élections parlementaires en Allemagne. Une conférence de presse très incongrue. Tout le film se base sur ce jeu défiant la bienséance, jouant avec l’humour des spectateurs, voulant pousser jusqu’aux limites du politiquement correct. Et on ne peut tomber qu’amoureux-se de ce personnage dont on n’arrive pas à savoir s’il est comme cela dans la vraie vie, ou s’il est plus calme, posé.

 

Cet homme n’est la créature d’aucun conservatoire. Il n’a pris que des cours avec son grand-père, puis a travaillé seul. Un des interviewés nous avoue même se demander s’il n’aurait pas été interdit d’entrée dans ces établissements. Mais rien ne sert de rentrer dans un cadre pour jouer de la musique. Chilly Gonzales nous apprend avec humilité qu’il faut laisser notre inspiration prendre le dessus, que nous devons nous laisser déborder par nos désirs les plus fous, nous laisser porter par la vie.

 

 

En ressortant, notre premier réflexe est de porter nos écouteurs à nos oreilles et d’écouter tous les albums de ce musicien qui n’a pas testé que le piano, mais également la batterie ou le chant. On ne se lassera pas de ses morceaux. Une nouvelle célébrité est née dans nos cœurs.

 

En attendant de courir en salle, écoutez Minor Fantasy, une de ses pépites.

 

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