Pourquoi on fait les gros yeux : Big Eyes – Tim Burton

Pourquoi on fait les gros yeux : Big Eyes – Tim Burton

Big Eyes, le dernier film de Tim Burton, a remporté le Golden Globes de la meilleure actrice dans une comédie. On peut le concevoir (quoique, comédie ?). On aurait même pu envisager un oscar technique pour la musique. Mais assurément pas mieux.

Big eyes 4

L’histoire de Big Eyes, c’est celle de Margaret D. H. Ulbrich, peintre talentueuse jouée talentueusement par Amy Adams qui s’enfuit un beau jour avec sa fille (on ne sait pas trop pourquoi d’ailleurs…) de la maison de son mari, située dans une banlieue qui ne peut nous éviter de penser à celle d’Edward Scissorhands. Coïncidence ? Je ne pense p… ah, quoique, peut-être bien que si en fait. Pas plus de lien avec sa filmographie antérieure que les sixties, mais passons. Elle arrive à San Francisco en femme divorcée et trouve un emploi dans une fabrique de meubles. Lors d’une exposition ponctuelle, un dimanche, alors qu’elle ne vend pas de tableau, elle se fait approcher et solidement draguer par Walter Keane, joué excellemment de même par Christoph Waltz, peintre sur le déclin mais qui a un sens aigu de la communication. Les choses vont très vite après : le mariage, l’attrait subit pour les peintures de Margaret et la communication de Walter font des « Big Eyes », un véritable effet de mode, qui va même produire les louanges d’Andy Wharol. Ouf, après une moitié de film, on entre réellement dans la thématique du sujet : Walter se fait passer pour le peintre des toiles. La partie intéressante du film doit être développé là, maintenant, c’est le moment. Mais on la rate : ce qui aurait pu devenir quelque chose de dramatique et de psychologique, avec une réelle profondeur, un huis clos entre les deux personnages clés autour de la paternité d’une œuvre, de la dialectique très importante de la création et de la communication, se vautre dans un déroulement convenu. Et tout est bien qui finit bien… Super.

Big Eyes 3

C’est le grand problèmes de Big Eyes : on s’arrête à la peinture, cette couche superficielle qui nous maintient à la surface du sujet et fait passer ce film entier avec un potentiel narratif très intéressant à simple téléfilm du dimanche en début d’après-midi. Aucune ambition scénaristique n’est à relever : on a un simple déroulement des événement avec deux trois petites anecdotes sur le marché de l’art et son fonctionnement et c’est tout.

C’est vraiment dommageable. Les autres aspects du film n’ont rien de mauvais : les acteurs interprètent parfaitement leurs personnages, la musique sonne toujours juste (Danny Elfman quand même) et pour l’image, on a un étalonnage plutôt bien négocié avec des reconstitutions d’ambiances qui ont un côté kitsch comique qui passe bien. Mais le résultat est là, on n’a pas appris grand chose en sortant de la salle.

Big Eyes 2

Tim Burton a été encensé dans beaucoup d’articles de critique pour son retour à des films mettant en scène des personnages « normaux » (et ouf, il n’a pas appelé Johnny Depp !), ce qui arrive après une longue période d’excentricité objective (qu’on ait ou non aimé, c’est indéniable). Les liens ont été fait avec Ed Wood, son film de 1994, dans le rapport à la création, mais un tel rapprochement n’est pas évident en dehors de cela. On ne peut être que dans le regret de constater que ce « retour aux sources » n’est pas un succès.

Le film n’est pas un navet, mais si vous vous intéressez au sujet, allez voir la page Wikipédia de Margaret Keane, ça prend moins de temps…

Max Vallet

"Big Eyes, Une légère déception, par Lucie Desquiens :

Big Eyes Une 2

1 Comment

  1. Voilà donc un bon article, bien passionnant. J’ai beaucoup aimé et n’hésiterai pas à le recommander, c’est pas mal du tout ! Elsa Mondriet

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