Rafiki – All you need is love

Wanuri Kahiu / 2018 / 1h23 / Présenté comme LE film interdit au Kenya car contant une histoire d’amour lesbien, on pourrait s’attendre à un film choc, montrant les tares de la société kenyane et le sort des couples gays dans les pays réprimant sévèrement les relations entre personnes du même sexe. Et pourtant, dans Rafiki, la réalisatrice kényane Wanuri Kahiu nous plonge dans une histoire d’amour insouciante entre deux adolescentes dans l’attente de leurs résultats d’examens. On se croirait presque dans un film pour teenagers sorti tout droit des studios d’Hollywood.

Couleurs éclatantes, musiques donnant envie de danser dans la salle de cinéma. Ce film ne se focalise pas sur le malheureux destin de nombreuses jeunes filles kenyanes qui, étant soumises à des contraintes sociales trop fortes, ne peuvent que se résigner à devenir bonnes ménagères. Bien au contraire, il raconte l’histoire de filles telles que Ziki et Kena, qui cherchent à se démarquer de la majorité des femmes kenyanes. Dans ce long-métrage, Kena veut devenir médecin et Ziki, elle, veut voyager.

Mais le film oublie vite les ambitions de ces jeunes femmes peu en accord avec les attentes de la société dans laquelle elles évoluent, pour se concentrer sur l’amour naissant entre elles. Un amour délicat, touchant, tout en douceur, en beauté, en rires et en joie. Enfermés dans un cocon avec Ziki et Kena, nous ne voyons plus le monde extérieur. Nous vivons un rêve idyllique, une romance colorée qui nous emmène doucement vers nos propres pensées, nos propres souvenirs ou plaisirs cachés. Cet amour entre doucement en nous pour remplir notre cœur de chaleur et de bonheur.

Mais le quartier est plongé en pleine campagne électorale et, comme dans Roméo et Juliette, les dissensions entre les deux familles sont fortes. Wanuri Kahiu s’efforce de ne jamais oublier la société dans laquelle Ziki et Kena vivent. Affiches, regards, commérages et slogans politiques sont omniprésents tout au long du film. Un amour peut-il alors résister aux contraintes de la société ? Ziki et Kena sont-elles réellement des femmes qui sortent de l’ordinaire ? Sont-elles assez fortes pour assumer leurs ambitions ? Leur faut-il fuir les contraintes ou les affronter ?

La vie est faite de rencontres que l’on n’oublie jamais. Wanuri Kahiu nous montre l’une d’entre elles. A vous de vous laisser conquérir par cet instant de liberté amoureuse, de bonheur intense et d’insouciance un tantinet niaise mais qui fait tellement de bien parfois.

Par Clélia Delevoye

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