Rencontre avec Alexis Michalik

Alors que les spectateurs applaudissent chaleureusement dans une salle de cinéma de Rueil-Malmaison le générique d’Edmond, Alexis Michalik prend le micro, tout sourire. Une nouvelle salve d’applaudissement retentit alors. Si le nom de Alexis Michalik ne vous dit encore rien, j’ai l’espoir que cet article vous donnera envie de courir au théâtre, ou au cinéma, pour découvrir ce génie français.

Révélé en 2012 par le succès de la pièce grandiosement mystérieuse Le Porteur d’histoire, qui se joue encore à Paris et à Lyon, le dramaturge a réussi à conquérir les planches parisiennes par sa plume magnifique. Pourtant, c’est un homme simple et modeste qui se présente devant les Reuillois réunis dans la salle, acceptant de prendre des photos avec les admirateurs, d’échanger sur le théâtre avec les amoureux des grandes salles, et de donner des conseils à ceux se tournant vers la profession.

Voici un petit retour sur cette rencontre théâtrale.

Nous pouvons vraiment remercier la Providence pour avoir débusqué ce talent. Comme il l’explique, il a commencé sa carrière en tant que comédien, après avoir suivi l’atelier théâtre de son établissement scolaire. Vous l’avez probablement aperçu dans certaines séries ou dans des films (Kaboul Kitchen, Les Chatouilles). Ses premiers pas sur les planches se font dans le rôle de Roméo dans une mise en scène de Irina Brook. Il en tire de précieux enseignements et commence à mettre en scène de grands classiques avec son propre style, mais sans adapter ses propres esquisses. C’est alors qu’un de ses amis, en charge de la programmation du festival d’Avignon, lui propose une place. C’est en seulement un mois, ce qui n’est pas sans rappeler l’intrigue de son récent (et premier) film Edmond, que l’écrivain produit Le Porteur d’histoire. La réussite de cette pièce au festival, et dans toute la France, lui fait comprendre que ses œuvres originales peuvent peut-être ne pas rester à l’état de simples brouillons.

C’est alors que Michalik s’est fait une réputation dans le monde du théâtre français avec ses quatre pièces à succès : Le Porteur d’histoire, Le Cercle des illusionnistes, Edmond et Intramuros. Il prévoit d’ailleurs la représentation de ces deux dernières en Angleterre. Par ailleurs, il projette, pour septembre, la publication de son premier roman Loin. Et à présent, il se fait connaître du plus grand public avec son film, reprenant sa pièce à succès Edmond.

Ce film, c’est aussi un peu au hasard qu’on le doit, comme le raconte l’écrivain. Après avoir vu Shakespeare in Love de John Madden, Alexis Michalik rêve d’en reprendre l’idée. Quelques années plus tard, en relisant le chef d’œuvre Cyrano de Bergerac, il lui apparaît comme une évidence qu’il a trouvé le sujet de son œuvre. Qui de mieux que ce jeune poète Edmond Rostand, dans lequel peu plaçaient leurs espérances, qui a réalisé le plus grand succès théâtral français, pour transporter le théâtre au cinéma ? Mais alors qu’il ne trouve pas les investisseurs nécessaires pour monter le film, il décide d’adapter le scénario au théâtre. Le succès fulgurant de la pièce lui permet alors de pouvoir enfin réaliser son grand projet : faire découvrir à tous au cinéma le discret romantique, éclipsé dans l’ombre de son héros au nez protubérant. Il part alors en République tchèque tourner avec de grands noms français – Olivier Gourmet, Mathilde Seigner – mais aussi quelques comédiens de ses pièces, qui apparaissent dans le film comme des clins d’œil à ce qui l’a fait connaître : le théâtre.

Le film, contant la création de Cyrano de Bergerac, s’inspire certes très librement de la véritable histoire, mais nous transpose magistralement, par la beauté des mots, dans l’univers de l’artiste. Comme disait Alexandre Dumas, on peut violer l'histoire à condition de lui faire de beaux enfants, et effectivement c’est une très belle progéniture que celle d’Alexis Michalik.

Par Virginie Feist

Crédits image : TVBA et Virginie Feist.

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