Big Eyes de Tim Burton : une légère déception

Big Eyes de Tim Burton : une légère déception

Le dernier film de Burton était prometteur, très prometteur. Margaret Keane, jeune peintre, quitte son mari et court se réfugier à San Francisco avec sa fille, où elle rencontre Michael Keane, lui aussi jeune peintre à l’ambition déçue, qui la drague lourdement. Les choses vont ensuite très vite, trop vite peut-être, puisque que Margaret s’aperçoit après leur mariage que Michael n’hésite pas à s’approprier ses oeuvres pour les vendre plus facilement. Trop faible pour lui résister, elle laisse son mari la déposséder de ses toiles pour ériger une véritable empire… Un tel scénario, riche de tant de problématiques liées tant à l’art qu’au couple ou à la condition féminine, allié à l’imaginaire fantastiquement délirant et loufoque de Burton aurait donc pu mener à la création d’un petit bijou cinématographique. Pourtant, c’est une légère déception, un goût un peu amer que nous laisse ce long métrage. Non pas qu’il soit mauvais, bien au contraire, car Burton parvient à créer une atmosphère en plaçant ses personnages dans des décors si colorés qu’ils paraissent faits de carton pâte, reflétant parfaitement le monde superficiel dans lequel Margaret, interprétée très justement par Amy Adams, évolue, comme elle est suffoquée par un mari manipulateur et ne parvient à maitriser la réalité qu’à travers ses peintures. Il faut d’ailleurs souligner que le film a été récompensé du Golden Globe des meilleurs décors et qu’Amy Adams a reçu celui de meilleur actrice. De plus, les mimiques surjouées de Christoph Walt dans le rôle de Michael Keane, véritable génie commerçant maléfique, renforcent le sentiment de malaise du spectateur qui voit grandir la démesure d’une société prête à acheter...
Pourquoi on fait les gros yeux : Big Eyes – Tim Burton

Pourquoi on fait les gros yeux : Big Eyes – Tim Burton

Big Eyes, le dernier film de Tim Burton, a remporté le Golden Globes de la meilleure actrice dans une comédie. On peut le concevoir (quoique, comédie ?). On aurait même pu envisager un oscar technique pour la musique. Mais assurément pas mieux. L’histoire de Big Eyes, c’est celle de Margaret D. H. Ulbrich, peintre talentueuse jouée talentueusement par Amy Adams qui s’enfuit un beau jour avec sa fille (on ne sait pas trop pourquoi d’ailleurs…) de la maison de son mari, située dans une banlieue qui ne peut nous éviter de penser à celle d’Edward Scissorhands. Coïncidence ? Je ne pense p… ah, quoique, peut-être bien que si en fait. Pas plus de lien avec sa filmographie antérieure que les sixties, mais passons. Elle arrive à San Francisco en femme divorcée et trouve un emploi dans une fabrique de meubles. Lors d’une exposition ponctuelle, un dimanche, alors qu’elle ne vend pas de tableau, elle se fait approcher et solidement draguer par Walter Keane, joué excellemment de même par Christoph Waltz, peintre sur le déclin mais qui a un sens aigu de la communication. Les choses vont très vite après : le mariage, l’attrait subit pour les peintures de Margaret et la communication de Walter font des « Big Eyes », un véritable effet de mode, qui va même produire les louanges d’Andy Wharol. Ouf, après une moitié de film, on entre réellement dans la thématique du sujet : Walter se fait passer pour le peintre des toiles. La partie intéressante du film doit être développé là, maintenant, c’est le moment. Mais on la rate : ce qui aurait pu devenir quelque chose de dramatique et de...