Rencontre avec Alexis Michalik

Alors que les spectateurs applaudissent chaleureusement dans une salle de cinéma de Rueil-Malmaison le générique d’Edmond, Alexis Michalik prend le micro, tout sourire. Une nouvelle salve d’applaudissement retentit alors. Si le nom de Alexis Michalik ne vous dit encore rien, j’ai l’espoir que cet article vous donnera envie de courir au théâtre, ou au cinéma, pour découvrir ce génie français. Révélé en 2012 par le succès de la pièce grandiosement mystérieuse Le Porteur d’histoire, qui se joue encore à Paris et à Lyon, le dramaturge a réussi à conquérir les planches parisiennes par sa plume magnifique. Pourtant, c’est un homme simple et modeste qui se présente devant les Reuillois réunis dans la salle, acceptant de prendre des photos avec les admirateurs, d’échanger sur le théâtre avec les amoureux des grandes salles, et de donner des conseils à ceux se tournant vers la profession. Voici un petit retour sur cette rencontre théâtrale. Nous pouvons vraiment remercier la Providence pour avoir débusqué ce talent. Comme il l’explique, il a commencé sa carrière en tant que comédien, après avoir suivi l’atelier théâtre de son établissement scolaire. Vous l’avez probablement aperçu dans certaines séries ou dans des films (Kaboul Kitchen, Les Chatouilles). Ses premiers pas sur les planches se font dans le rôle de Roméo dans une mise en scène de Irina Brook. Il en tire de précieux enseignements et commence à mettre en scène de grands classiques avec son propre style, mais sans adapter ses propres esquisses. C’est alors qu’un de ses amis, en charge de la programmation du festival d’Avignon, lui propose une place. C’est en seulement un mois, ce qui...

Edmond(s) et merveilles

Alexis Michalik / 2018 / 1h52 / Nous sommes en 1895, susurre l’une de ces voix chaudes et profondes qui semblent n’exister que pour ouvrir la narration de contes de fées. Nous sommes en 1895, et nous sommes à Paris. Paris est en effet partout dans Edmond, immanquable par son côté un peu carton-pâte, et surtout complètement enchanteur. Difficile de ne pas se laisser séduire par les plans quasi-féériques de la ville en ouverture, puis par ses décors de cafés et de rues pavées délicieusement cliché, et enfin par son atmosphère aussi irréelle qu’excitante. C’est un Paris magique, un Paris de spectacle et d’envolées lyriques, un Paris qui n’a jamais existé ainsi, mais qui assume de vouloir avant tout ravir son spectateur. Difficile de faire mieux pour ouvrir une histoire. Dans ce Paris un peu similaire à celui de Dilili à Paris, le dernier long-métrage de Michel Ocelot, on fait vite la connaissance d’un certain Edmond Rostand, dramaturge raté – c’est lui qui le dit –, qui ne parvient pas à se détacher des pièces en vers, quand bien même il est devenu furieusement vieux jeu de ne pas écrire en prose, et qui désespère de connaître un jour le succès. Le pauvre Edmond enchaîne les déconvenues et autres fours, jusqu’à ce que le célèbre comédien Constant Coquelin l’engage dans des circonstances plus ou moins rocambolesques. Le contrat est aussi simple qu’implacable : Edmond a quelques semaines pour écrire une pièce de théâtre dont Coquelin jouera le rôle principal. Pièce qui devra connaître un succès phénoménal. Car la carrière et la crédibilité de Coquelin sont en jeu. C’est ainsi qu’aux...