Fiction ou documentaire ? 20 000 jours sur Terre – Iain Forsyth et Jane Pollard

Fiction ou documentaire ? 20 000 jours sur Terre – Iain Forsyth et Jane Pollard

20 000 jours sur Terre ne ressemble à rien de connu. Est-ce un film musical ? Non. Un documentaire ? Un biopic sur Nick Cave ? Encore moins. Ce n’est pas un musical, pour la simple raison que la musique n’occupe qu’une place secondaire et ponctuelle dans ce film inclassable, magistralement réalisé par Iain Forsyth et Jane Pollard, couple d’artistes et réalisateurs ayant fait parler d’eux en 1998, à l’occasion d’une performance reconstituant le concert où David Bowie fit disparaître Ziggy Stardust[1]. Les réalisateurs, pourtant férus de musique, semblent ainsi avoir fait le choix de laisser de côté l’œuvre musicale de Nick Cave pour mieux se concentrer sur la vie de ce dernier. Mais là encore, leur parti pris est radical : loin de céder au chant des sirènes du biopic traditionnel, Forsyth et Pollard innovent en représentant le quotidien de la star, à travers une journée standard et représentative (?) de la vie actuelle de Nick Cave, du réveil au coucher. En balayant d’un revers de main toute considération pour la carrière antérieure du chanteur australien, les réalisateurs se démarquent radicalement du genre du biopic, dont les schémas narratifs se limitent trop souvent à une banale énumération d’événements marquants dans la carrière du personnage principal, retraçant une supposée grandeur et décadence[2]… Ainsi, dès le générique d’ouverture, Forsyth et Pollard font clairement comprendre au spectateur que leur film ne traitera pas de la longue carrière de Nick Cave : par une succession d’images d’archives montées en split screen allant de la naissance de Nick à ses concerts, et où s’entremêlent des bribes de chansons distordues, la carrière antérieure de la rock star défile à...