Revue de presse Jour 7

Ce mardi, à Cannes on a pu voir des amours qui ont laissé froid (Marguerite et Julien), une guerre qui a réchauffé (Sicario), des Mustang mais pas des voitures (Mustang), et un scandale en talon qui tombe à plat. La critique est tombée à bras raccourcis sur Valérie Donzelli et son film Marguerite et Julien, en compétition officielle. Celui-ci conte l’histoire d’amour incestueuse et passionnée d’une sœur (Anaïs Demoustier) et un frère (Jérémie Elkaïm). Le scénario, refusé par Truffaut en 1973, s’inspire d’une histoire vraie du début du XVIIème siècle, tristement achevée par la décapitation des deux protagonistes. Cette fois, c’est le film qui a été assassiné. La critique est presque unanime contre lui. Si tout le monde reconnaît l’influence de Jacques Demy et Peau d’Âne, avec des anachronismes similaires, c’est semble-t-il pour enfoncer le film. Télérama témoigne d’une certaine gêne face à des acteurs qui « n'ont pas l'air d'être à l'aise et tentent des trucs dans l'hyperexpressivité sans toujours convaincre ». « Trop de lyrisme tue le lyrisme » et « on reste sur le seuil. » Pour Le Figaro, c’est pire ! Le journaliste parle d’un film tourné « avec la grâce d’un hippopotame » et d’une « esthétique kitsch », sans oublier une petite remarque sexiste pour la route : « censée incarner ce sang frais, ce visage féminin, dont aurait besoin la compétition du plus grand festival du monde de tous les temps », histoire de sous-entendre que Donzelli a sans doute pris la place d’un homme plus talentueux … Le film ne trouve finalement grâce que dans Libération qui seul semble avoir suivi la réalisatrice jusqu’au bout de son propos : « C’est un conte qui, comme tout imaginaire, nous...

Cannes – Jour 5

La 5ème journée de complétion cannoise, c’était hier dimanche 17 mai. Une journée marquée par quelques déceptions avec la programmation de deux films plutôt attendus: le dernier Maïwenn Mon Roi, et Carol de Todd Haynes. Projeté à la presse à 8h30 du matin, Mon Roi a fait à 11h30 le sujet d’une conférence de presse avec l’équipe du film. Maïwenn traite avec ce long métrage de l’histoire de Tony, une avocate - Emmanuelle Bercot - qui se souvient d’une passion sublime et destructrice avec Giorgio un bad boy incarné par Vincent Cassel. Les critiques semblent être profondément divisées. Si Télérama considère que ce film reste dans la veine de ce qu’a fait Maïwenn auparavant et notamment avec son film Polisse « Le cinéma, Maïwen s'en moque un peu, elle est ailleurs, dans un truc hybride et très impur, entre télé et performance, avec le pire (le côté, je kiffe trop les djeun's et leur délire) comme le meilleur (Cassel qui imite les serveurs dans un restaurant de palace) » les Inrocks sont intraitables, « Maïwenn se plante dans les grandes largeurs avec ce film sans nuances, nul et non avenu ». Le film se présente sous forme de flashback alors que le personnage principal, Tony se trouve dans une maison de rééducation suite un grave accident de ski - chute métaphorique suite à sa douloureuse et passionnelle histoire amoureuse. « Cette histoire d’amour, c’est un film que je ne fais que réécrire depuis dix ans. Dernièrement, j’ai une amie qui m’a raconté le long séjour qu’elle a fait dans un centre de rééducation, et j'ai eu envie de faire...

Carnet de Cannes – Jour 2

Le 68e festival de Cannes s'est poursuivi ce jeudi 14 mai,avec une deuxième journée marquée par le début de la compétition. Deux films étaient en effet présentés devant la presse et le jury: Notre petite soeur, du cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda, et Tale of Tales, de l'italien Matteo Garrone. Mais un autre film semble avoir tiré son épingle du jeu. Du coté de la semaine de la critique, c'est le film Les Anarchistes, d'Elie Wajeman, qui était projeté: l'histoire d'un brigadier de police pendant la Belle Epoque, infiltrant un réseau anarchiste, non sans y nouer quelques attaches sentimentales. Les rôles principaux reviennent à deux enfants du festival, Adèle Exarchopoulos, sacrée (Palme d'Or) pour La Vie d'Adèle, et Tahar Rahim, qui avait triomphé (Grand Prix du jury) avec Un Prophète de Jacques Audiard. L'occasion de retrouver les deux acteurs sur la plage de Cannes. Pour ce qui est des films en compétition, c'est Notre Petite Soeur, de Kore-eda, qui a ouvert les festivités: le réalisateur revenait en terrain connu à Cannes, lui qui a remporté le Prix du Jury en 2013 avec Tel Père, tel fils. Son nouveau projet, qui sortira sur les écrans français en octobre, embarque Haruka Ayase et Masami Nagasawa dans un drame familial, où quatre soeurs se rendent à l'enterrement d'un père qui les a abandonné quinze années plus tôt. Le film a profondément divisé la presse : Télérama regrette que la note tragique, qui avait fait le succès de ses autres films, [soit] la grande absente… laissant “trop” de place à la tendresse", tandis que Metronews apprécie les personnages du film, voyant dans le visage de l'héroïne adolescente "la première grande émotion de la compétition." L'autre...

Cannes – 1er jour

Ca y est, Cannes, ça commence ! Hier s’est déroulée la première journée du 68e Festival de Cannes. Si, perdu(e) dans vos révisions, vous n’avez pas pu suivre l’ouverture du Festival sous le soleil, pas de panique ! Close Up pense à vous et vous propose une première revue de presse pour ne rien rater de cette première journée. Première journée marquée par un film (hors-compétition) choisi pour faire l’ouverture : La Tête haute, d’Emmanuelle Bercot, avec à l’affiche Catherine Deneuve, Sara Forestier ou encore Benoît Magimel mais surtout dans le rôle principal le jeune Rod Paradot, « sidérant débutant » selon Rue89. Le long-métrage relate le parcours de Malony, adolescent orphelin de père et socialement défavorisé, et sa relation avec une juge des enfants (Catherine Deneuve). Le film a, semble-t-il, secoué la Croisette, et ce dans le bon sens du terme. Les titres élogieux affluaient hier soir dans la presse : « Enfin un bon film pour ouvrir le Festival de Cannes » (L’Obs), « La Tête haute : la belle ouverture du Festival de Cannes » (Les Echos), « Une claque magistrale » (L’Express)... Le film, qui sort sur nos écrans mercredi 20 mai, semble donc recommandé par les festivaliers et les critiques ! La projection du film était précédée par la Cérémonie d’Ouverture du festival qui a débuté avec la traditionnelle montée des marches également largement commentée dans la presse, car comme le souligne le Gorafi, Cannes, c’est (presque) avant tout des paillettes et du red carpet (« Insolite - Il va au festival de Cannes juste pour voir des films de cinéma »). Petite sélection de photos de la montée des marches :   La Cérémonie proprement dite s’est quant à elle...