Rencontre avec Jérôme Bonnell

Rencontre avec Jérôme Bonnell

Close Up a eu la chance de s’immiscer dans une rencontre assez intime avec Jérôme, Bonnell, réalisateur d’A trois on y va. Et a pu s’en faire un tableau, que l’on partage avec vous. Se bousculer La rencontre est assez informelle, l’ambiance est détendue et la première question est générale, même s’il s’agit au départ de parler d’A trois on y va. Comment vous est venue l’idée de ce film ? C’était une idée très vague qui vient de loin en arrière : un couple se trompe avec la même personne, et déjà une idée de ce que serait la séquence de début. Une idée rigolote d’il y a dix ans. Puis il a fallu présenter des idées à son producteur et à côté de deux histoires plus développées, il l’a poussé à faire celle-là. Pour une histoire, il faut assumer que ce soit superficiel au début, puis le cœur des choses nous rattrape. Il s’agit ensuite de se rendre compte de la possibilité d’en faire un film. « Une envie désinhibée de comédie m’a pris ». Le ton comique est en effet plus appuyé. Pourquoi ? La comédie est toujours présente mais cette fois plus affirmée, sans étiquette cependant : « Je n’aime pas les films avec des étiquettes ». Il s’agit d’aller à chaque fois plus loin que les genres, chercher une sorte d’équilibre. Et cette fois il y avait un mélange de vaudeville et de marivaudage. Le film peut être parfois plus sombre : il y a également des déchirements. Les variations sont essentielles. C’était une aventure à tenter, mais il faut se faire confiance lors du tournage du film. Aviez-vous décidé que le trio...
Atypique : A trois on y va – Jérôme Bonnell

Atypique : A trois on y va – Jérôme Bonnell

Atypique. C’est le ton qu’a décidé de donner Jerôme Bonnell, le réalisateur, à sa comédie romantique. En bousculant légèrement les codes de ce genre au public acquis et aux poncifs inévitables, il tente de nous procurer une bouffée d’air frais. La présence de la très mignonne et charmante Anaïs Demoustier n’y est pas pour rien. En effet, elle campe ici Mélodie, avocate et élément perturbateur d’un couple jeune-beau-arty-mais-un-peu-en-crise, vu qu’elle est l’amante (et l’amie) des deux, sans qu’aucun ne découvre le pot aux roses. Jusqu’à un certain point bien sûr… Ce qui donne lieu à quelques scènes assez savoureuses, qui rappellent le théâtre de vaudeville, où chacun se suit et se fuit, se croise et s’évite ; notamment celle où Mélodie doit s’échapper de manière totalement acrobatique et rocambolesque lorsque Micha (Félix Moati) rentre plus tôt que prévu chez lui, manquant de trouver sa compagne (Sophie Verbeeck, secrète et mélancolique) et sa maîtresse en pleins ébats. Cette scène donne une jolie et rare vue sur les toits de Lille. Car une autre originalité de ce film est qu’il se déroule à Lille, ce qui change du cadre parisien si fréquent. Et, bien loin de l’image d’un Nord mort, la ville est ici superbe, vivante, et chatoyante! Les nombreux plans sur les maisons, les séquences de pluie auxquelles succèdent des scènes au soleil radieux, le travail sur les lignes directrices dessinées par les architectures étonnantes, donnent une atmosphère toute particulière au film. Ces éléments, centraux ou détails, participent à le rendre doux. Doux car ce film est un film d’amour. Jamais vulgaire ou cru (malgré les quelque peu longues et...