Jack

Jack

Jack , c’est un petit garçon bouleversant et fort, sans âge visible, plus mature que vous et moi, dont la tranche de vie qui nous est présentée secoue. Jack est égaré dans un monde qui n’est pas celui où il devrait être, un monde qui l’oblige à se débattre. Jack, c’est la tristesse d’une enfance brisée trop tôt. Mais Jack, ce n’est jamais misérabiliste. Au contraire, le personnage éponyme joué par Ivo Pietzcker nous ébahit pas sa ténacité et par l’oxymorique halo taciturne qui l’enveloppe tout au long du film. A 10 ans, ce petit bonhomme est le ciment de sa famille monoparentale dans laquelle gravitent son petit frère Manuel, 6ans, et leur mère, aimante mais pas plus responsable que ce dernier. Laissé seul face à ses obligations non méritées, Jack doit se charger de jouer les rôles adultes d’une famille. Cette situation sur le fil ne peut pas durer, et Jack se retrouve bien vite aux mains des services sociaux qui le placent en foyer. A la violence latente et extérieure que subissait, immuable, le petit garçon, se substitue la violence des autres enfants malheureux. A la manière d’un Sa Majesté des Mouches, en moins morbide, le foyer bucolique qui l’accueillait ne reste pas longtemps un espace de paix. Et lorsque Jack s’en enfuit, pour éviter la vengeance d’un camarade, retrouver son frère et voir sa mère qui avait annoncé venir le chercher un jour plus tard pour les vacances, c’est pour trouver une ville toute aussi menaçante. Ce ne sont pas les badauds qui font ici peur, mais bien les bâtiment, pas très hauts mais délabrés, les...
Rencontre avec Jérôme Bonnell

Rencontre avec Jérôme Bonnell

Close Up a eu la chance de s’immiscer dans une rencontre assez intime avec Jérôme, Bonnell, réalisateur d’A trois on y va. Et a pu s’en faire un tableau, que l’on partage avec vous. Se bousculer La rencontre est assez informelle, l’ambiance est détendue et la première question est générale, même s’il s’agit au départ de parler d’A trois on y va. Comment vous est venue l’idée de ce film ? C’était une idée très vague qui vient de loin en arrière : un couple se trompe avec la même personne, et déjà une idée de ce que serait la séquence de début. Une idée rigolote d’il y a dix ans. Puis il a fallu présenter des idées à son producteur et à côté de deux histoires plus développées, il l’a poussé à faire celle-là. Pour une histoire, il faut assumer que ce soit superficiel au début, puis le cœur des choses nous rattrape. Il s’agit ensuite de se rendre compte de la possibilité d’en faire un film. « Une envie désinhibée de comédie m’a pris ». Le ton comique est en effet plus appuyé. Pourquoi ? La comédie est toujours présente mais cette fois plus affirmée, sans étiquette cependant : « Je n’aime pas les films avec des étiquettes ». Il s’agit d’aller à chaque fois plus loin que les genres, chercher une sorte d’équilibre. Et cette fois il y avait un mélange de vaudeville et de marivaudage. Le film peut être parfois plus sombre : il y a également des déchirements. Les variations sont essentielles. C’était une aventure à tenter, mais il faut se faire confiance lors du tournage du film. Aviez-vous décidé que le trio...