Tomb Raider – Lara Croft 2.0

Le père de Lara, Richard Croft, a disparu depuis 7 ans en voulant trouver la tombe d’une impératrice japonaise, Himiko, en plein milieu de la Mer du Diable en Asie du Sud-Est. Mais Lara a toujours eu du mal à accepter et passer à autre chose. Mais en découvrant une pièce secrète dans la crypte familiale renfermant les travaux de son père, il se peut qu’elle ait trouvé une piste pour remonter jusqu’à lui. Et découvrir les sombres secrets de la tombe d’Himiko…

Totalement rebootée, Lara Croft nous revient plus fraîche que jamais. Désormais plus jeune, totalement british (l’accent vaut de l’or) et livreuses de repas à vélo (non je ne citerai pas de marque mais vous avez compris), c’est totalement ancrée dans la culture « millenials » que nous apparaît la nouvelle Tomb Raider, incarnée par Alicia Vikander. Vikander n’est pas Britannique et pourtant elle s’est forcée à adopter un accent londonien parfait. Ainsi qu’une grande forme physique par ailleurs, dans l’ambition de tenir la route et de rendre justice au personnage iconique de jeu vidéo. En cela elle diffère assez des précédentes interprétations. Angelina Jolie était la Tomb Raider des premiers jeux : action réduite, du dialogue et des énigmes techniques comme humaines, sans parler de la poitrine en cône. Dans ce nouveau film, l’accent est mis bien moins sur les dialogues et plus sur l’action et notamment l’interaction avec l’environnement.

En cela, Lara 2.0 diffère de ses alter ego cinématographiques précédents, mais pas de la franchise vidéo-ludique dont est tiré le personnage et c’est ce premier point que je désire aborder. Tout fan de jeu vidéo, et a fortiori des travaux de l’éditeur Square Enix, aura remarqué dès la bande annonce les similitudes entre le film et le jeu vidéo sorti en 2013. Et c’est assumé ! Et c’est peut être là que réside tout le nœud de la pertinence ou non du film.

La trame scénaristique est la même à peu de choses près : Lara part à l’aventure, s’échoue sur une île plus qu’hostile et va devoir faire avec les moyens du bord (arc, guns et munitions volées, jusqu’à l’iconique piolet) pour survivre face à la nature et aux mercenaires venus dépecer l’île de ses trésors archéologiques. C’est efficace et la construction sous forme de quête principale avec des rebondissements et éventuellement des quêtes annexes maintient le spectateur en haleine de la même manière qu’elle maintien le joueur à sa manette. Ce qui est un bon prétexte pour développer les autres points forts du support vidéo-ludique dans le film. Les challenges sont réels et leur résolution n’a rien d’évident. Lara échoue, ou bien trouve des solutions de compromis, ce qui laisse au spectateur juste le bon niveau de frustration pour « recommencer », suivre les pas de Lara dans ses tentatives pour s’en sortir. C’est appréciable à une époque où certains héros grand publics emportent des victoires ou subissent des défaites trop faciles, trop évidentes. Le personnage de Mathias Vogel (Walton Goggins) tient la route de ce fait non pas parce qu’il incarne une histoire (finalement expédiée), mais parce qu’il se met en équivalence avec Lara dans ses capacités (leader confirmé, pro de la gâchette style « un tir, un mort » vraiment). En second les interactions avec l’environnement sont un plus.

Comme on l’attendrait d’un survival movie (ce que n’est pas Tomb Raider cela dit), le plus dur adversaire est l’environnement et Lara n’a véritablement aucun répit, tombant de cascades, d’arbres, glissant dans la boue en combattant des mercenaires ou bien s’échappant d’un temple lui tombant littéralement sur la tête. Le danger est palpable et on ne s’ennuie véritablement jamais. D’autant plus que les décors sont en général bien modélisés et le niveau de l’éclairage assez justement géré. Le film s’entête même à faire intervenir la thématique du complot en toile de fond, ressort typique de la franchise de jeu vidéo. Honnêtement c’est moins réussi que les autres points : on le voit venir à dix milles lieues et c’est trop légèrement suggéré en fin de film. On repassera surtout que rien ne dit que le film ara une suite. Côté ambiance il faut bien s’attendre à rester dans des échanges sérieux d’information, assez classique, avec un léger humour britannique pour les scènes londoniennes et une séquence larmoyante d’amour père-fille un peu amenée comme un cheveu sur la soupe.

Verdict : une adaptation assez fidèle, il faut le reconnaître ! Problème subséquent : le film a-t-il lieu d’être ? S’il ne fait que reprendre le jeu vidéo, par ailleurs plus poussé et offrant plus d’heures de divertissement, pourquoi en faire un film ? Qu’apporterait-il de plus ? Un meilleur acting : pas sûr même si Vikander convainc. L’apport d’une histoire bien ficelée au grand public qui est plus large que la communauté des joueurs : peut être mais comment passer derrière les films avec Angelina Jolie, bien plus iconique à l’heure actuelle ? Au final le film attirera les fans déjà convaincus et n’étendra pas le public du phénomène Lara Croft – Tomb Raider et c’est bien là son écueil en tant qu’œuvre car c’était sa seule ambition affichée. Mais ça m’a donné envie de reprendre ma manette ! Producteurs du film et du jeu vidéo sont les mêmes, on a pas affaire à des novices quand même…

Max Vallet

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