Top 5 des pires films de 2016

Nous avons certes passé de très bons moments dans les salles obscures l’an dernier (cf notre top sur les 30 films de 2016) mais certains films ne peuvent faire oublier qu’il existe quelques catastrophes cinématographiques… Retour sur les films où nous nous sommes ennuyés, ceux que nous avons trouvés ridicules et ceux qui ont été surcotés.

1. Suicide Squad – David Ayer

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Suicide squad nous fait penser aux tutos que l’on trouve sur internet en période de fêtes, comme cette recette de bûche de Noël au pain d'épice et Nutella : le résultat a l’air si impressionnant qu’il nous faut absolument essayer, même si l’on ferait mieux de s’abstenir.

Marc Gautron, scénariste et philosophe, conseille lorsqu’on ne sait pas quoi penser d’un film de créer un tableau organiser selon trois colonnes, histoire - esthétique - message, afin d’organiser ses idées, et ses critiques.

Si dans la première colonne consacrée à l’histoire on s’attendait à retrouver tous les éléments qui font un bon film Marvel, on se trouve en réalité confronté à un étalage de quotas : dignes des séries américaines diffusées le lundi soir sur TF1, on retrouve une femme, un noir et un mexicain cantonnés à des personnages stéréotypés. Au-delà des personnages, l’intrigue elle-même est confuse et peu élaborée. En effet, afin de sauver la terre des menaces d’un sorcier, les Etats-Unis décident de réunir une équipe de super vilain dotés de pouvoirs, les super gentils étant poursuivis en justice pour destruction de bien public. On suit donc les aventures de cette bande de méchants qui ne se prend pas au sérieux, tout en assistant impuissant à la relation abusive qu’entretient l’héroïne super sexy (Margot Robbie) avec le mec fou qui lui a teint les cheveux en bleu et rose.

La première colonne n’est donc qu’un amas de critiques et déceptions. Malheureusement, la seconde ne vient pas arranger la situation. En effet le style est confus, et procède plus d’un mélange d’esthétiques variées et qui ne vont pas ensemble que d’un choix marqué et assumé. Enfin, la scène finale semble destinée à utiliser le reste du budget « effets spéciaux » et ne clôture pas véritablement le film.

Pour ce qui est du message, certains y ont vu une métaphore politique : dans une situation catastrophique, mieux vaut appeler à l’aide les héros (ou politiciens) les moins pires plutôt que ne pas agir du tout. Et bien en ce qui nous concerne, notre idée est la suivante : y-a-t-il vraiment du bon à prendre du vieux pour créer du neuf ? et les films Marvel/DC/Disney seront-ils capables de nous surprendre et de nous plaire à nouveau ?

Cléo Mamoisel

2. Batman vs Superman : l’aube de la justice – Zack Snyder

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Vous allez finir par croire qu’à Close Up, nous n’aimons pas les films de super-héros. C’est peut-être vrai dans la mesure où ce filon a été surexploité, livrant des films où brillent les effets spéciaux mais où le scénario est souvent absent. C’est le cas de ce Batman v Superman qui dure tout de même 2h33 ! Pourtant, le film commence bien : l’assassinat des parents du jeune Batman, filmé au ralenti, est plutôt convaincant. N’oublions pas que Zack Snyder est derrière la caméra et qu’il a réalisé deux bons films : 300, et surtout, le remake du film Zombie de Romero, L’Armée des morts.

Mais là, la formule ne prend pas. L’intrigue est alambiquée mais on comprend à peu près que Batman est mal vu par la société et que Superman n’est pas non plus à envier puisqu’il a provoqué une guerre extra-mondiale (guerre contre les extraterrestres).  A cela, rajoutez le traditionnel méchant, interprété par Jesse Eisenberg, et une femme, car il en faut bien, qui n’est autre que la mystérieuse Wonder Woman (le film en profite pour annoncer de futurs opus sur l’héroïne). Sans creuser la psychologie de ses personnages, sans développer un humour qui aurait été le bienvenu et sans vraiment tenir le spectateur en haleine, Zack Snyder livre un film plat et sans relief.

Le summum de la bêtise est atteint lors de la bataille finale entre Batman et Superman (SPOILER) : pour quel motif les deux héros pourront-ils bien se réconcilier ? En se découvrant tous les deux une passion commune pour la justice ? Ou pour l’égalité ? Ou même pour les idéaux de Kant ? Non, bien sûr, beaucoup plus simple, et beaucoup plus débile par la même occasion. Les deux se rendent comptent que leurs mères avaient le même prénom ! Incroyable !! Plus besoin de se taper dessus…

Julien Coquet

3. La Forêt de quinconces – Grégoire Leprince-Ringuet

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Tout avait plutôt bien commencé pour ce film : sans nous la jouer, nous l’avons vu à Cannes en présence du réalisateur et de toute l’équipe, ce qui forcément lui a donné un coté merveilleux. Mais, en y repensant, ce « petit plus » ne pouvait compenser deux problèmes importants : d’une part, le fait que La Forêt de quinconces était le quatrième film de notre journée cannoise, qui incluait tout de même deux chefs-d’œuvre (Julieta et Aquarius) ; d’autre part, la qualité médiocre du film.

La Forêt de quinconces s’avère être un film assez expérimental sur la forme et l’intrigue se résume à un banal triangle amoureux à Paris (avec tout de même, pour sortir le film des sentiers battus, une histoire d’envoutement). La particularité du film réside en ce que les dialogues sont déclamer comme au théâtre : tout doit être bien articulé, les respirations bien prononcées. Certes les acteurs sont compréhensibles, mais était-ce vraiment nécessaire d’inclure des rimes ? Ce n’est pas en mélangeant les ingrédients de la poésie que l’on fait forcément un poème. Heureusement, il y a quelques fois de belles séquences, telle la scène de rencontre entre le personnage principal et Camille qui se déroule dans un théâtre : scène a priori banale, elle se transforme ensuite en ballet sur fond d’une musique pianissimo qui finira assourdissante. Mais les moments de grâce sont rares et l’ennui triomphe.

Durant ce film, nous avons cependant pu apprendre la définition de « la gêne » : une salle qui se vide à moitié en cours de projection et où les spectateurs sont obligés de passer devant le réalisateur pour échapper à l’ennui profond.

Julien Coquet

4. Ma Loute – Bruno Dumont

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L’affiche était pourtant des plus prometteuses. Peut-être trop. On aurait dû se méfier. La presse était unanime comme rarement, seul Pierre Murat de Télérama jouait le trouble-fête. « Un chef-d’œuvre », « Jubilatoire », « Jouissif », « Un pur bonheur » … Pauvre naïf que je suis, j’emmenais donc tout guilleret ma sœur voir ce film. Elle refuse désormais d’aller au cinéma avec moi. Et je la comprends.

Ma Loute est le huitième film du réalisateur Bruno Dumont connu notamment pour La Vie de Jésus et Hors Satan. Le scénario n’a pas grand intérêt. Sur la Côte-d’Opale, on a d’un côté une famille de bourgeois en pleine décadence jouée entre autres par Fabrice Luchini, Juliette Binoche et Valeria Bruni Tedeschi ; de l’autre, une famille de pêcheurs rustres et patibulaires. Au milieu, un duo de policiers mène l’enquête sur de mystérieuses disparitions dans la région.

Soyons honnêtes, le problème ne vient pas de la réalisation. Les décors sont sublimés par la caméra. Plage, mer, falaise, villa sont vraiment de toute beauté. Non, le problème vient plutôt de la direction d’acteurs et sans doute du propos général du film. Les personnages sont caricaturaux, les femmes complètement folles, Luchini ne sait plus parler, les policiers forment un duo à la Laurel et Hardy. Face à eux, on ne rit pas. Ou alors parce qu’on est gêné. Ou nerveux. Ou parce qu’on a pris suffisamment de recul pour se dire qu’on n’aurait vraiment pas dû venir. Quant au sens du film, je le cherche encore. Bruno Dumont nous dit qu’il déteste les hommes ? Et bien soit, mais pourquoi ? Exposer son dégoût n’est pas suffisant pour construire quelque chose de cohérent. On attend de la matière, de la justification, quelque chose qui donne du corps à son propos. Mais il n’y a rien derrière la caricature, et on s’ennuie ferme …

Jean Cailleau

5. Eternité – Tran Anh Hung

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Retracer 100 ans d’humanité, c’est l’ambition annoncée du dernier film de Tran Anh Hung, le réalisateur franco-vietnamien qui avait remporté la Caméra d’Or en 1993 pour son premier film, L’Odeur de la Papaye Verte. Malgré son indéniable talent, c’est raté. 

Adapté de L’Elégance des veuves d’Alice Ferney, Eternité raconte l’histoire d’une famille bourgeoise du XIXème sur plusieurs générations, et narre le destin de trois femmes sublimes, interprétées par Audrey Tautou, Bérénice Bejo et Mélanie Laurent. Subjugué par ses actrices, Tran Anh Hung les observe longuement pendant plus de deux heures. Magnifiées par les costumes, elles évoluent sous un soleil de plomb dans des décors grandioses.

Visuellement très réussi donc, Eternité procure pourtant un profond ennui. Peu scénarisé (et c’est un euphémisme), le film se veut contemplatif, reflet des sensations de ces femmes. Il s’agit de représenter un cycle de vie éternel, lisse, imperméable aux aléas de l’Histoire. La vie de nos trois héroïnes se déroulent en trois temps fluides : entrée dans (ou refus de) la vie d’épouse, de mère et de veuve. C’est d’une monotonie sans nom, d’autant plus qu’il y a très peu de dialogues. Une voix off qui devient vite insupportable accompagne la plupart du temps les ralentis soporifiques qu’on nous sert pendant l’intégralité du long-métrage.

Explorer l’existence doucement tragique de femmes aux familles nombreuses aurait pu être follement intéressant. En les rendant interchangeables, éternelles puisque rien ne change jamais, Tran Anh Hung signe un film dénué de toute substance, hormis une mélancolie qui nous, ne nous a pas fascinés. A éviter.

Lucie Desquiens

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