Wonder – Maux et merveilles

Stephen Chbosky. 1h51. Sortie en salle le 20 Décembre 2017.   Synopsis: Auggie a dix ans, une passion sans limites pour l’espace et les astronautes et une famille plus qu’aimante. Mais Auggie a aussi un visage qui n’a jamais ressemblé et ne ressemblera jamais à celui des autres enfants, et ce malgré vingt-sept opérations à son actif. Une histoire de gènes. Mais ce serait une grave erreur que de réduire Auggie à cela. Pour son entrée au collège, ses parents lui proposent de mettre un terme à l’éducation à la maison que lui procurait sa mère, et de l’inscrire dans un vrai établissement scolaire. Auggie accepte, mais tous savent parfaitement que si le visage du petit garçon est adoré par sa famille, il suscite moqueries, curiosité, voire dégoût chez les autres, et surtout chez les enfants.   Le film n’échappe pas à ce ton plein d’emphase des feel-good movies américains, mais il ne verse ni dans le mélo ni dans la lourdeur. Certes, on se doute bien de la façon dont cette histoire va se terminer, mais d’une certaine façon c’est aussi ce que l’on vient chercher en allant voir ce film. De plus, Wonder parvient à créer de vrais instants d’émotion palpable, des scènes touchantes, encore une fois attendues, mais auxquelles il est néanmoins difficile de rester insensible. Adapté d’un roman américain au succès retentissant, le ton du récit reste positif mais jamais niais, et on n’hésite pas à montrer aussi bien l’amour des parents pour Auggie que la frustration de sa grande sœur Via qui a l’impression d’être de trop, ou les conflits intérieurs d’enfants qui n’ont jamais été confrontés à la différence d’autrui.   L’atout majeur du long-métrage est sans conteste son casting. On est bien entendu séduit par le duo formé par les célèbres Julia Roberts et Owen Wilson, mais le jeu des jeunes comédiens s’avère tout aussi convaincant. Du premier au dernier plan, on croit à cette famille, à l’affection qu’ils se portent, à leurs frustrations aussi, ou encore aux liens qu’ils vont tisser avec les personnages secondaires. Il aurait été facile de basculer vers un jeu plus téléphoné avec ce genre d’intrigue, mais bien au contraire, les personnages sont bel et bien incarnés et entraînants. La réalisation enfin est maîtrisée, plutôt classique certes, mais réserve quelques belles idées créatives et des plans marquants, notamment lorsque le réalisateur choisit de donner corps à l’imagination débordante de son protagoniste. Sous nos yeux, les rêves d’Auggie deviennent réalité, et le voici astronaute, idole du collège ou tout simplement accepté pour lui-même. Ces images oniriques sont d’une émotion remarquable et marquent le spectateur tout en s’intégrant parfaitement au reste du film.   Wonder est donc une très belle surprise en cette toute fin 2017, une adaptation réussie d’un best-seller et un film convaincant en lui-même, certes prévisible, mais indéniablement juste, émouvant et sincère dans ses intentions : une petite parenthèse de bienveillance qu’il serait dommage de bouder !
Capucine Delattre

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